Vic
Maile
La passion du son.
Produced by Vic Maile, voilà une petite mention figurant
au dos de certains disques, petite mention synonyme de qualité,
de bon goût et de satisfaction garantie. Au travers de ce
dossier, nous allons évoquer depuis le début, la
carrière musicale de Vic. Comme vous allez le voir la liste
des artistes avec qui il a collaboré est absolument impressionnante
! D'où ce sentiment de manque de reconnaissance de ses
talents. Nous allons tenter de réparer ce petit outrage.
Pour beaucoup d'entre nous, Vic Maile est le producteur des Inmates
et de Dr Feelgood. Lorsque l'on se
plonge dans les archives, nous nous apercevons que la vérité
est ailleurs, comme dirait l'agent Mulder. Commençons donc
notre travail contre la conspiration du silence (humour pour amateur
d'X-Files).
Vic
Maile était passionné par les magnétophones.
Cette faculté d'enregistrer un son, de le reproduire et
de le modifier le subjuguait. Il décida donc d'essayer
de travailler dans l'industrie musicale, espérant approcher
au plus près "la source sonore". L'approche va
se faire de façon très lente, Vic répondant
à pas mal d'annonces émanant de cette corporation.
Loin de là, à ce moment, l'idée de devenir
producteur, sa seule préoccupation restant les magnétophones.
Il
reçoit donc un jour, une réponse positive d'Emi
dans laquelle il va intégrer le service contrôle
qualité. Vic est donc affecté au transfert des bandes
mixées, c'est à dire qu'il fait passer sur vinyle
ce qui est sorti du studio d'enregistrement et ensuite d'écouter
le résultat du début à la fin pour s'assurer
que tout va bien. Le travail l'intéresse grandement mais
il ne s'occupe que de musique classique avec une hiérarchie
et des collègues qui en sont passionnés. Vic étant
un grand fan de rock, il est obligé de cacher ses goûts.
Hélas, suite à une petite imprudence de sa part,
ses responsables vont apprendre cela et tout va se gâter
à partir de là, temporairement évidemment.
Au
cours d'une soirée, Vic fait la connaissance de Peter
Knight Junior, fils de Peter Knight, musicien célèbre,
qui s'occupa notamment plus tard des Moody
Blues et des Carpenters. PkJ
est alors producteur chez Pye records
et a produit notamment un des disques favoris de Vic : Country
Line Special de Cyril Davies And The All Stars. Ainsi il obtient
un entretien d'embauche qui se concrétise officiellement
par une embauche dans les studios Pye en 1964.
Dans
le même temps, Vic Maile continue de fréquenter assidûment
les concerts et voit défiler la crème de la scène
anglaise comme les Rolling Stones, les Who et bien d'autres, tout
cela forgera en lui une certaine idée du son.

Vic
Maile à la console
Parallèlement, il étudie pour le plaisir les différences
sonores sur les disques qu'il possède. Un de ses grands
étonnements est de constater la puissance du son des disques
de Joe Meek. Il en parle beaucoup avec ses proches et tous se
demandent bien d'où peut venir cette différence.
La question restera provisoirement sans réponse.
Toujours
en 1964 chez Pye, il devient officiellement assistant de studio,
affecté à la salle de contrôle. Une de ses
tâches étant de monter les bandes servant au pressage
d'artistes américains (notamment de Chess) pour le label
Pye International, ce job lui permettant de parfaire sa culture
musicale. Avec lui dans cette salle, le producteur, son assistant
et l'ingénieur du son. Le premier enregistrement auquel
il participe sera : Bye Bye Baby de Tony
Jackson, alors fraîchement débarqué
des Searchers et ce en septembre
1964 pour être très précis.
Vic déclare à ce sujet : Pye était un studio
pratique, ouvert à tous et pas seulement aux artistes Pye.
Il note également le détail du matériel :
des trois pistes et des multi-pistes Ampex le tout mixé
sur des Ampex Mono. Il y avait, sur place une possibilité
d'enregistrer et de mixer en stéréo mais cela était
réservé aux 'Grands Orchestres', les groupes de
rock devant se contenter de la monophonie. Les enregistrements
se passaient de manière quasiment identique : Voix principale
sur la première piste, instruments sur la seconde, les
chœurs et les petites percussions sur la troisième.
Vic y développe ainsi un certain goût pour les enregistrements
les plus spontanés possibles, la quasi-totalité
des singles de l'époque étant enregistrée
en trois heures face B comprise. Le tout, mixé dans la
foulée en à peu près deux heures. Vic donne
un exemple de succès foudroyant ayant été
fabriqué de la sorte : The House Of The Risin Sun des Animals.
A cette époque un autre grand groupe, signé chez
Pye, prend possession des lieux pour y enregistrer sans cesse
: Les Kinks.
Il
y apprend aussi le maniement rudimentaire de l'écho géré
alors par une chambre EMT, il faut noter qu'avant l'utilisation
intensive par les studios Pye, ce procédé était
quasiment absent des enregistrements anglais de l'époque.
Vic travaille également son apprentissage de la compression,
notant alors que beaucoup de producteur refusait de s'en servir
pour ne pas étouffer le son, mais simplement parce qu'il
ne savait pas s'en servir précise t'il !
Il
rencontrera également certains producteurs attitrés
de Pye, comme Shel Talmy, Tony Hatch ou Mickie Most. Il étudiera
avec précision leurs façons de travailler, de partir
avec une idée très précise du son qu'ils
souhaitent, connaissant à l'avance le résultat de
leurs travaux. Nous savons maintenant d'où vient la grande
rigueur de Vic. Il note également qu'à ce moment,
bon nombre de producteurs ne sont en fait que des 'amateurs' travaillant
uniquement pour l'argent et sans aucune connaissance musicale,
laissant le soin de la totalité de la prise de son à
l'ingénieur du même nom.
Dans
la continuité, Vic collabore avec Andrew
Loog Oldham, enregistre quelques sessions avec les Nashville
Teens et les Animals. Il est
également assistant sur Down Town de Petula
Clarck, étonnant non ?
Les
Stones, eux, refuseront toujours
d'enregistrer aux studios Pye, malgré l'insistance d'Andrew
Loog Oldham. Ils finiront par accepter l'essai du studio numéro
deux où ils enregistrent le backing tracks de The Last
Time. Pas satisfaits du résultat, ils ne la termineront
pas et ne reviendront jamais.
Vic
évoque aussi la production des disques des Kinks, pour
nous apprendre que Shel Talmy n'a réellement occupé
ce poste jusqu'à Dead End Street, cette dernière
étant refusée et refaite sous la houlette de Ray
Davies. Ce n'est uniquement pour respecter les clauses d'un contrat
que Shel Talmy continuera d'être crédité,
moyennant rémunération, pendant un certain temps.
Une
autre pratique très prisée à l'époque
chez Pye (comme chez les autres) consiste à engager des
musiciens de studios pour compléter voir remplacer les
membres des groupes jugés un peu juste. Jimmy
Page, ne sera pas le dernier et nous pouvons l'entendre
sur un grand nombre d'enregistrements de cette période,
il est par exemple sur I Can't Explain des Who en seconde guitare
rythmique. Big Jim Sullivan était
un guitariste très prisé également, on le
retrouve notamment sur des sessions d'Eddy
Mitchell (Vic y participa). Bobby Graham, batteur de son
état était souvent aux baguettes de moult sessions
car il était un des rares batteurs à savoir lire
une partition, ce qui lui permettait de participer également
aux orchestrations. D'ailleurs , il est le batteur sur disque
des Kinks, Mick Avory enregistrant pour la première fois,
bien plus tard sur Everybody' Gonna Be Happy. Cette façon
de faire était très utilisée par Shel Talmy
. Vic note également que beaucoup de disques furent enregistrés
en One Shot c'est à dire que la chanson sortait telle quelle,
avec la façon de travailler décrite un peu plus
haut. Si elle ne plaisait pas au public, le groupe retournait
dans l'anonymat. Les plus chanceux auront la chance d'aller par
la suite aux Studios IBC où officiait un certain Glyn
Jones, futur collaborateur des Beatles.
Dans
la continuité de son travail, Vic commence à écrire
des chansons afin de les proposer soit aux artistes, soit à
des producteurs. Une sera enregistrée par Joe
Brown et se nomme Teardrops In The
Rain, une autre sera Phoenix
enregistrée par les Sorrows.
Il faut noter que Vic Maile possède de bonnes connaissances
de la basse ce qui lui donnera quelques occasions parfois gênantes
lors de l'enregistrement d'une autre de ces chansons par Tommy
Roe. En effet, les producteurs veulent absolument que le
jeu de basse soit identique à celui de la démo joué
par Vic lui-même. Jimmy Page
et John Paul Jones font partie de
la session. Vic assure également la prise de son. Le producteur
Charles Blackwell intervient alors pour que Vic descende dans
le studio faire une démonstration de basse à John
Paul Jones ! Embarrassant, n'est ce pas ? En 1965, Vic participe
aux sessions de l'enregistrement de Watcha
Gonna do About You des Small Faces
puis également aux sessions qui donneront naissance aux
fameux Yeah Yeah de Georgie
Fame.
Pye
possédait un studio mobile à la réputation
grandissante. Vic part ainsi à Liverpool pour enregistrer
en live un EP de Tommy Quickly :
Humpty Dumpty.

Le
Studio mobile Pye Records et vic Maile
De
retour dans les studios fixes, Vic croise la route de Chuck
Berry pour deux jours de sessions, dont la première
en tant qu'ingénieur du son pour mettre en boite l'album
Chuck Berry In London. Evidemment
Vic est un peu désappointé par l'attitude de Chuck.
Un groupe anglais (Jimmy Powell's Dimension)
est engagé pour réaliser l'accompagnement de ce
dernier. Comme d'habitude avec Chuck, tout se fait dans l'improvisation
totale. Il donne pour consigne au groupe de le suivre dans ses
accords, sans aucun repère écrit. C'est ainsi que
sont réalisées les parties instrumentales. Chuck
écrivant dans la foulée des paroles qui collera
par la suite dessus.
Vic commence alors à se faire un petit nom et Paul
McCartney le réclame pour l'enregistrement du disque
de Black Dyke Mills, le tout écrit
par le père du fameux Beatles et paru sur Apple. Le tout
se faisant dans le studio mobile. Paul McCartney sera légèrement
déçu car Vic est évincé de la production
au dernier moment par son patron, se contentant du rôle
d'assistant. Le déclic arrivera après le boulot
fantastique effectué sur l'enregistrement live d'un concert
de Jimi Hendrix au Royal Albert Hall
en janvier 1969. Cet enregistrement devant servir comme support
à un film, le travail fût confié dans un premier
temps à Glyn Jones, mais les
producteurs américains refuseront le résultat. Vic
s'en occupa donc au plus grand plaisir de ces mêmes producteurs
qui finiront même par informer la direction de Pye de la
grande qualité du travail de Vic.
Petit
à petit donc, Vic passe d'assistant à ingénieur
du son et travaille énormément avec le studio mobile,
notamment sur des Live. C'est ainsi que l'on retrouve Vic sur
un monument : The Who , Live
At Leeds. Ce disque et la pureté du son qui s'y
dégage restera une ces cartes de visite les plus efficace
pour Vic Maile, qui participa, peu de temps avant au live des
Kinks : The
Kinks at The Kelvin Hall.
En
1970, Vic part pour l'ile de Whight, engagé par CBS afin
d'enregistrer, entre autre : Jimi Hendrix,
Taste et Ten
Years After, mais dans des conditions déplorables.
En 1970, Vic franchit le Rubicon et devient définitivement
producteur. Sa première réalisation sera un single
du groupe Kult dont les bandes seront
vendues à CBS et fera de même (sauf que les bandes
seront vendues à MAM) avec le groupe Slow
Load, groupe qui restera dans l'anonymat. Vic développe
alors des relations privilégiées avec United Artists
(je vous rappelle que les Studios Pye sont ouverts à tous)
et s'occupe pour eux le LP de Man
: Back Into The Future. Le disque
montera à la 23 eme place des charts anglais. Pour Vic,
c'est la première fois qu'il est payé pour un travail
de production et l'expérience est plus que concluante.

Le
studio Jacksons
Ensuite
c'est la rencontre avec Dr Feelgood
pour la production du premier album Down
By The Jetty où Vic précise ne pas avoir
été beaucoup payé. Après ce superbe
succès, United Artists lui confie tout naturellement la
production du deuxième album de Feelgood : Malpractice.
Malheureusement, lors des séances, United Artist fait pression
sur le choix des titres à enregistrer, préférant
les titres joués sur scène et/ou évincés
du premier opus. Vic ne trouvant aucun intérêt à
cette ligne de conduite, résiste dans la réalisation
d'un choix différent. C'est ainsi qu'il se retrouve limogé
de la production de ce disque dont on peut voir sur la pochette
qu'il n'est que partiellement crédité. Le groupe
et son management, conscient d'avoir fait une erreur et accumulant
les problèmes avec la nouvelle équipe de production
et les studios , reprennent contact avec Vic pour l'embaucher
comme preneur de son sur un album live à venir : Stupidity.
Ce disque connaîtra un succès énorme. A toutes
choses malheur est bon ? Là encore, oui. Peu de temps après
avoir été évincé de Malpractice, Vic
reçoit un coup de téléphone du secrétariat
de Feelgood. Une employée a pour petit ami le manager d'un
groupe débutant et sans contrat : Eddie
And The Hot Rods. Vic leur produit un premier single Writing
On The Wall , pour se faire évincer de nouveau par
Island Record pour le second qui ne marche pas très bien.
Volte face d'Island qui rappelle Vic en tant qu'ingénieur
du son, pour produire un EP du groupe : Live
At The Marquee puis Teenage Depression
en tant que producteur. Nouveau carton !
Vic
obtient un autre succès avec le single de Tom
Robinson, 2-4-6-8
Motorway, ce qui lui vaut d'être approché
par CBS pour produire le second album des Vibrators
: V2 en 1977. Deux ans plus tard,
Vic est contacté pour par Andrew
Lauder alors directeur artistique des Inmates
pour la production d'un single : Dirty
Water. Les relations entre Andrew Lauder et Vic Maile sont
compliquées, mais cela donnera naissance par la suite à
l'album First Offence. L'immence
succès de Dirty Water provoque un aflux de demande auprès
de Vic qui pour la premiere fois peut se permettre de choisir
les artistes à produire, ainsi il refusera , par manque
de temps et de conviction, les Tourists
(futur Eurythmics) et
Shakin Stevens. Vic produira dans la foulé, l'album
des 999 : The
Biggest Prize In Sport.

Vic
s'attaque ensuite à un monstre : Motorhead.
Ainsi, il produit Ace Of Spades en
1980 et No Sleep Till Hammersmith
encore un Live en 1981. Ce dernier sera une énorme vente
dépassant le million d'exemplaires vendus.
Par ce chemin, il croise la route des Girlscholl
et obtient un nouveau succès en single : Please
Don't Touch, puis produira le Lp des Rock
Goddess qui ouvrent souvent alors pour Motorhead.

Petite
parenthèse, Vic contacte à un moment le groupe 101
ers afin de lui proposer un deal semblable à celui
des Hot Rods, à savoir, nous enregistrons des démos
et nous essayons d'obtenir un contrat. Le Deal est accepté
et le groupe se retrouve au studio Jacksons pour enregistrer cinq
titres (Vic remarque que seulement quatre sont bons). Ces titres
se retrouveront publiés plus tard sur une compilation nommée
Elgin Avenue Breakdown. Joe
Strummer s'en ira très vite ensuite former The Clash.
En
1983, Vic travaille pour le groupe français : Les
Dogs. Puis enchaîne avec True
Live Stories et Five pour
les Inmates, un single pour
Anti Nowhere League et le mini Lp des Screaming
Blue Messiahs : Gone And Gone.
Vic précise avoir produit un Lp des Tall
Boys dont je n'ai pas trouvé la moindre trace et
un autre pour les DeadBeats.
Malheureusement
nous nous approchons de la fin, Vic s'occupe alors de quelques
titres pour l'album de Bill Hurley
: Double Agent produit les albums
Meet The Beatles et Fast
Forward des Inmates puis va
s'éteindre doucement, rongé par un cancer début
juillet 1989 à l'âge de 45 ans.
Pour compléter ce dossier, j'ai dressé une liste
la plus complète possible des productions de LP "Produced
by Vic Maile, je vous la propose de suite. Puis, vient une critique,
elle aussi la plus complète possible, de ces mêmes
disques avec leurs photos de pochette.
Chronique
des productions signées Vic Maile
1973
– Brinsley Schwarz : Please Don’t Ever Change

Ce
groupe est une énigme pour moi. Impossible de lire un article
sans évoquer le pub-rock. Pourtant lorsque l’on écoute
ce disque du pub rock je n’en trouve point. J’ai même
du mal à trouver du rock. Cela ressemble plutôt à
un revival Mersey Beat légèrement modernisé.
Soyons clair, ce n’est pas désagréable, c’est
très bien joué et la voix de Nick Lowe fait des
merveilles, mais cela ne procure point d’excitation rockandrolliene.
On n’y trouvera cependant quelques ébauches de ce
que fera Rockpile plus tard. En ce qui concerne Vic Maile et bien
je dois dire que je n’entends rien qui me mettrait sur la
voie de sa production. Donc j’en ressors avec une impression
de déception. Pour amateur de rock soft. **1/2
1974 - Dr Feelgood : Down
By The Jetty

Ce
disque est probablement le maître étalon du Pub-Rock.
Les temps s'y prêtaient, le son de Wilko Johnson fait merveille,
la rage de Lee Brilleaux éclate au grand jour. Ajoutez
à cela le savoir-faire de Vic Maile et cela donne naissance
à un brûlot extraordinaire d'une simplicité
déconcertante. Je vous invite à vous procurer la
version Deluxe sortie il y a quelques temps, qui présente,
en autre, les chansons en Mono et en Stéréo. *****
(Pour en savoir plus, voir la biographie de Dr Feelgood sur le
site)
1975
- Dr Feelgood : Malpractice

Comme
nous le savons maintenant, le fait que Vic n'ait produit qu'une
partie de l'album est le résultat d'un conflit d'orientation
entre United Artists et lui-même. (Pour en savoir plus,
voir la biographie de Dr Feelgood sur le site)
1976 - Eddie And The Hot
Rods : Teenage Depression

La
bande à Barrie a la réputation d’un groupe
punk. Réputation curieuse, il s’agit bien d’un
combo de rock and roll, parfois déjanté, souvent
même ! Teenage Depression est un bon disque, influencé
par les grands anciens comme les Who, mais mis au son de l’époque.
La production de Vic Maile est efficace et discrète se
concentrant sur l’énergie. Le disque comporte à
l’origine onze titres dont le célèbre titre
phare sorti quelques temps auparavant en single. La version Cd
assez facilement trouvable comporte douze titres bonus. ****
1976
– Eddie And The Hot Rods : Live At The Marque

Faisons
une petite exception, parlons un petit peu d’un Ep Mythique.
Produit par Ed Hellis, le frère de Mark (Talk Talk), Vic
y est crédité de l’assistance de production,
du poste d’ingénieur du son et du mixage. Cet Ep
comporte 96 Tears, Do Anything You Wanna Do, Get Out Of Denver
(que l’on retrouvera chanté par Barrie sur Thrue
Live stories) et Gloria/Satisfaction. Il s’agit bien d’un
des meilleurs brûlot de rock and roll sous format Ep.
Difficile à trouver, mais tellement bon ! **** 1/2
1978 - Vibrators : V2

Nous
le savons, les connections entre les Vibrators et les Inmates
sont nombreuses, mais pas forcément musicales. Sans Vic
Maile, Eddie n'aurait probablement jamais rejoint les Inmates,
sans Eddie, Mark Duncan n'aurait probablement jamais assuré
l'intérim de Ben Donnelly etc..
Malgré cela, je ne suis pas un grand fan des Vibrators
et du Punk en général. Il faut cependant bien reconnaître
que nous sommes en présence d'un disque Punk remarquablement
organisé (un comble…) La cohésion du groupe
est totale, le martèlement d'Eddie est hypnotique et les
chansons sont variées et efficaces comme les célèbres
Automatic Lovers ou Public Enemy N° 1. La voix principale
n'est pas sans rappeler celle de Barrie Masters, noyée
dans la réverbération. Un disque cent pour cent
"Fun". ***1/2
1979
- The Inmates : First Offence

Tout
comme le premier Feelgood, cet album c'est le bon groupe, au bon
moment, avec les bonnes chansons et le bon producteur. La production
est magnifique, enrichie par une section de cuivres hors norme.
Ce disque marchera remarquablement en Grande Bretagne, en France
et aux Etats-Unis. Evidemment c'est sur celui la que l'on retrouve
Dirty Water. A noter qu'au moment où j'écris ces
lignes, le disque n'est toujours pas sorti au format CD ce qui
est quand même plus que curieux de la part de Warner propriétaire
de Radar Records. ***** (Pour en savoir plus, voir la discographie
Inmates sur le site)
1980 - Girlshool : Demolition

Hard
Rock ou pas ? Bonne question. Généralement la réponse
est oui, mais objectivement, si les guitares sont sévèrement
viriles (cocasse pour un groupe féminin), les voix viennent
adoucir le tout et finalement nous sommes à la limite entre
rock and roll et hard rock. Le disque est efficacement emmené
grâce aux riffs de guitares, omniprésentes. Les chansons
sont bonnes et entraînantes, un seul regret l'uniformité
du chant. Une réussite cependant avec notamment le titre
phare Deadline. *** 1/2
1980
- Motorhead : Ace Of Spades

Motorhead
est un casse tête pour moi. Malgré des qualités
incontestables, je n'accroche pas. Le principal reproche que je
pourrais formuler est, à l'image des Girschool, un chant
uniforme et pour tout dire pas très harmonieux. Bon, passé
cet obstacle, je suis obligé de reconnaître que la
bête maîtrisée par Vic Maile devient nettement
plus audible à mon oreille. La chanson titre Ace Of Spades
est formidable et donne le ton de cet album de gros rock qui a
le don de vous mettre le sourire aux lèvres. La réédition
en Cd offre en bonus le Please Don't Touch enregistré avec
les Girlschool dont nous parlons dans le dossier, toujours produit
par Vic Maile. ***1/2
1980
- The Inmates : Shot In The Dark

Second
album des Inmates pour Radar. La recette gagnante du premier est
reconduite. Le disque se vend très bien en France, Angleterre
et USA, mais relativement moins que First Offence, ce qui va commencer
à provoquer des tiraillements entre le groupe et Radar-Warner.
La musique est percutante, légèrement différente
du premier opus, sans pour autant le renier. Un certain pas vers
le son des "garages bands 60's" est accompli. Les USA
classeront même ce disque sous la rubrique punk (on se demande
encore pourquoi). Le disque contient son lot de hit potentiel,
mais hélas, aucun single ne connaître le succès
de Dirty Water. Ce disque non plus n'a jamais été
réédité en CD.****1/2 (Pour en savoir plus,
voir la discographie Inmates sur le site)
1981
- 999 : Concrete

Pour
tout dire, je ne connaissais pas ce groupe. Après une petite
enquête, il existerait toujours et aurait été
une figure de proue du Punk anglais. Que de lacunes…. 999
est donc le numéro des urgences ( Police, ambulance etc...)
anglais, assez amusant tant il est urgent de découvrir
cette galette ! Le disque d’origine comprend douze titres
et la réédition Cd que j’ai réussie
à trouver comporte 8 titres en bonus. Je me contenterais
de parler des titres d’origine (ce qui ne veut pas dire
que les bonus sont mauvais). La musique proposée est une
sorte de pop/punk accompagnée de quelques riffs de guitares
bien rock. L’influence de Vic Maile dans le son est ici
débordante, le son de batterie toujours magnifié,
les guitares s’entremêlent avec fougue et talent.
Le son général est proche de Five par exemple. Une
musique entre Vibrators et Inmates pour faire un résumé
rapide. Une bonne découverte. ****
1981
- Motorhead : No Sleep 'til Hammersmith

Vous
avez probablement lu mon avis sur Ace Of Spades du même
groupe. Je renouvelle donc mes réticences quant au chant,
encore plus d’ailleurs sur ce disque. Je trouve cela assez
rébarbatif et la double grosse caisse n’arrange pas
les choses et renforce cette impression de démarrage de
char d’assaut.. Je reconnais qu’il y a de bonnes chansons,
de bonnes idées, des sons de guitares sympathiques, mais
le final est trop hard et trop lourd pour mes oreilles. Je sais
que ce disque est adulé par les fans du groupe, ce que
je omprends fort bien, mais je n’apprécie pas trop
ces débordements de décibels intempestifs. Difficile
de juger la production de Vic Maile dans ses conditions. Pour
amateur de Hard. **1/2
1981 - The 101ers : Elgin
Avenue Breakdown

Fallait-il
parler cet album, sachant que Vic n'en a produit que cinq titres
? La question ne se serait pas posée si le contenu était
mauvais, mais ce n'est pas la cas du tout ! Vic n'a jamais caché
qu'il ne supportait par la voix de Joe Strummer puisque c'est
bien lui qui chante dans ce groupe ( Joe donnera naissance aux
Clash, quelques temps plus tard ). Je ne vous cache pas que je
suis du même avis, surtout en live. Seulement voilà,
sans faire de distinction entre produced by Vic Maile ou pas,
l'album tient la route affichant une qualité surprenante.
Le son des guitares rappèle furieusement le Wilko Johnson
de Down By The Jetty, les Telecasters chauffent au rouge. De plus,
à ma grande surprise, cela sonne quasiment totalement pub-rock.
Un disque que je qualifierais donc de sympathique et de surprenant.
A écouter, même si les titres live offert en bonus
sont souvent anecdotiques, mais c'est du bonus.****
1981
- Girlschool : Hit And Run

Deuxième
production de Vic pour les Girlshool. Deuxième réussite.
Le son est encore plus clair que le premier, les guitares toujours
au premier plan et le chant est en net progrès. Du gros
son, bien électrique avec une touche de féminité.
Il est dommage que sur les disques à tendance hard, nous
ne sentions pas trop la patte de Vic. De plus sur certains titres,
j’ai du mal à donner une valeur à cette double
grosse caisse héritée de Motorhead. A écouter
cependant avec appétit, le petit coté collégienne
qui se déchaîne est délicieux ! ****
1982 - Dr Feelgood : Fast Woman, Slow Horses

Après
son éviction de Malpractice, Feelgood rappelle Vic aux
manettes sept ans après. Le groupe de Lee Brilleaux est
dans une période difficile, après le départ
de Wilko Johnson, il perd son remplaçant Gypye Mayo. Comme
l' a déclaré Lee par le suite : Johnny Guitar n'est
pas fait pour Dr Feelgood. Il est d'ailleurs étonnant qu'aucun
bootleg de concert avec Johnny Guitar ne me soit jamais parvenu.
Bref, ce disque a tout pour être mauvais. Vic va y faire
des merveilles, produisant là un de ses meilleurs disques.
Quelle cohésion, quel son, quelle énergie, il s'agit
à mon humble avis d'un des meilleurs disques du bon docteur.
Oui, Johnny Guitar n'était pas le guitariste idéal
pour le groupe, mais le résultat magnifié par la
patte de Vic est remarquable. ***** (Pour en savoir plus, voir
la biographie de Dr Feelgood sur le site)
1983
- The Dogs : Legendary Lovers

Les
Dogs, voilà un exemple de groupe culte français.
Inconnu du grand public, mais suivi sans arrêt par une horde
de fans jamais rassasiée jusqu'à la triste fin prématurée
de Dominique Laboubée, leader, chanteur et guitariste du
groupe. Ce groupe avait la classe (Too Much Class) Malheureusement,
Dominique chantait avec un accent frenchy que certains trouvaient
sympathique et d'autres insupportable. Revenons au disque, que
nous propose t'il ? Une suite de bonnes chansons, vitaminées
mais sans excès. Au niveau du son et de la production de
Vic, nous entendons les prémices de ce que sera Five des
Inmates, c'est dire. Les productions de Vic se reconnaissent souvent
également par la prise de son de la batterie et de l'uniformité
des styles de frappes quel que soit le batteur. Celui là
n'échappe pas à la règle, nous croyons entendre
la frappe lourde de notre ami Eddie Edwards.***
1983 - Rock Godess : Rock
Godess

Rock
Godess est un groupe de femmes et il s’agit pour moi la
quintessence de Motorhead et des Girschool. Là où
je remarquais des défaillances vocales, ici il n’y
en à point. Les guitares sont bien présentes, les
chansons tendances Hard bien en place et la voix très agréable.
Niveau sonore, nous sommes peut être un peu en dessous des
groupes précités, mais c’est un bien qui permet
de bien entendre les subtilités de la galette ainsi que
la production discrète mais efficace de Vic Maile.
Même si vous détestez le Hard, vous apprécierez
ce disque car il est à la fois dur, subtile et féminin.
****
1984
- The Inmates : Thrue Live Stories

Ce
disque, bien que peu connu du grand public, est une des références
en matière de prise de son live. Quelle pureté,
tout y est enregistré avec une limpidité qui est
difficilement envisageable en studio. Les Inmates y développent
cette fameuse musique plus "pop" imposée par
le remplacement de Bill Hurley : Barrie Masters. Rien que ce pari
était difficile et le choix de Barrie assez curieux sur
le principe, mais le résultat est un petit bijou d'écriture
et de production. Vic est vraiment très doué dans
le live. Un must. ***** (Pour en savoir plus, voir la discographie
Inmates sur le site)
1984 - Deadbeats : On Tar
Beach

Les
Deadbeats était un groupe brillant et prometteur. Je ne
sais pourquoi, ils ont disparu assez rapidement après l’enregistrement
de démos destinées à établir les bases
d’un deuxième album en 1987. Emmené de mains
de maître par Suzy May au chant et Tony Berrington à
la guitare (quel formidable guitariste), le groupe proposait un
rockabilly moderne aux influences Johnny kid, Shadows, Link Wray
et Stray Cats par exemple. Le disque est brillant, magnifiquement
produit pas Vic. Comme à son habitude, les sons de batterie
et de contrebasse sont magnifiques. Le single Crazy When I Hear
That Beat sera un beau succès et ce Lp sortira chez New
Rose. Accessoirement, le groupe sans Suzy servira de Backing Band
pour Bill Hurley afin d’assurer de nombreux concerts au
Gibus et ailleurs. On en redemande ! Attention, disque excessivement
difficile à trouver ! ****
1985
- The Inmates : Five

Complément
studio de Thrue Live Stories, Five reprend les mêmes recettes
de composition, de chant et de production. Le groupe y démontre
qu'il peut faire autre chose que du rythm and blues ou du rock
and roll. Un disque bourré d'énergie. **** (Pour
en savoir plus, voir la discographie Inmates sur le site)
1985 - The Sreaming Blue
Messiahs : Good And Gone

Tantôt
considéré comme un EP, tantôt comme un Lp,
ce disque est en fait les deux à la fois. Onze titres furent
enregistrés, mais seulement six sortiront dans un premier
temps, sur un EP donc. Le tout produit par Vic. Il s’agit
de la production la plus ‘Rock’ des Screaming, ici
tout est brut, pas d’expérimentation, une guitare,
une basse, une batterie et on joue du rock. Efficace et intéressant
pour qui veut sortir des sentiers ‘balisés’
du rock and roll.****
1986
- Claw Boys Claw : With Love From The Boys

Du
pur Vic Maile ! Batterie en avant, tempo appuyé et guitares
bien aiguisées. Il est bien difficile de classer ce disque
sous une rubrique précise, ce n'est pas du rock and roll,
pas du punk, pas du rythm and blues, pas du pub-rock. Non, rien
de tout cela, en fait un peu de tout cela, savamment bien mélangé.
Une musique électrique, vivante et sautillante. Au rayon
des regrets, je note des soli de guitare un petit peu naïfs
et une voix pas forcément des plus harmonique. Reste qu'avant
de me pencher sur le dossier Vic Maile, je ne connaissais pas
les Claw Boys Claws et c'est pour moi une bien sympathique découverte.
***1/2
1986 - Girlschool : Nightmare At Maple Cross

Troisième
et dernière production de Vic Maile pour les Girlschool.
C’est à chaque fois un cran au-dessus. Celui là
se démarque encore plus de l’univers Motorhead pour
aller vers quelque chose de plus proche d’Ac/Dc. C’est
une image évidemment, les chansons sont toujours agressives,
inspirées et bien jouées, mais c’est un peu
plus posé, un peu moins fou-fou. Rien que dans le jeu et
le son de la batterie, nous commençons à obtenir
un début d’explication. Evidemment c’est une
question de goût et je note de plus, encore des progrès
dans les parties vocales. Album également pas très
facile à trouver de nos jours. **** ½
1986 - The Fatal Flowers
: Younger Days

Voici
un disque de pop bien viril que je découvre à l'occasion
de ce dossier. Fatal Flowers est un groupe néerlandais
et l'on retrouve sur ce disque le même défaut d'accent
que chez les Dogs, en un peu moins gênant cependant. Bien
qu'enregistré à Bruxelles et non pas au studio Jacksons,
Vic y reproduit sans problème ce fameux son de batterie.
Le disque cependant manque un peu de liant et on peine à
rester captivé du début à la fin, probablement
le fait d'un trop grand nombre de ballades, malgré une
durée idéale de 35 minutes. On notera aussi une
reprise intéressante, car pas très respectueuse,
de Gimme Some Truth de John Lennon.. **1/2
1986 - The Godfathers :
Hit By Hit

Cet
album reprend une bonne vielle recette qui consiste à mélanger
trois singles et de rentrer en studio pour enregistrer un album.
Et nous n’y voyons que du feu, tant la production de Vic
Maile est parfaite. Les singles ayant bien marchés, le
titre de l’album viendra tout naturellement : Hit by Hit.
Nous nous retrouvons embarqués à écouter
le fougueux I Want Everything, I Want You et bien d’autres,
notamment cette fabuleuse reprise de John Lennon : Cold Turley.
Bref, sur le Lp d’origine il n’y a rien, absolument
rien à jeter. Un des albums le plus rock des années
80 et bien plus encore. Ce n’est pas à proprement
parler du Rock and Roll mais bien de la Rock Music. Quelle fougue,
quelle conviction, quelle classe.****
1986 - The Sreaming Blue
Messiahs : Gun-Shy

Vic
ne produit que six titres sur ce disque et Pat Collier un, tiens
donc. Encore un coup de WEA puisque Vic est écarté
de la production au profit d’autres producteurs, au grand
regret du groupe d’ailleurs qui ne jurait que par lui. Au
final, nous avons un album de pop rock qui reste relativement
intéressant, bien que desservi par des univers de production
différents. Screaming Blue Messiahs est presque un groupe
de Progressive Pub-rock pour donner une image avec un peu d’humour.
Mais encore une fois, c’est assez intéressant. ***
1987
- The Inmates : Live In Paris, Meet The Beatles

Encore
une merveille Live. Les Inmates partent à l'assaut du répertoire
Beatles en choisissant des titres relativement peu connus. Réussite
totale pour ce disque qui connaîtra des chiffres de ventes
inespérés. Comment les Beatles pouvaient-ils se
sortir de cette moulinette, le mystère est encore entier
si ce n'est le talent des Inmates à magnifier les reprises
et celui de Vic à magnifier la production. Il est d'autant
plus facile de se rendre compte de la production de ce dernier
en se procurant la version Riverside du disque où figurent
des titres bonus enregistrés le même jour, mais n'ayant
pas été retenus. L'énorme qualité
de ce disque nous a longtemps fait rêver du même principe
appliqué à la musique des Rolling Stones, en vain,
hélas. ***** (Pour en savoir plus, voir la discographie
Inmates sur le site)
1987
- The Sreaming Blue Messiahs : Bikini Red

Voilà
un disque assez éloigné de notre univers rock and
roll. Il est à ce titre bien difficile de le juger. Je
pourrais dire qu'il s'agit d'un disque de pop-rock avec quelques
inspirations psychédéliques et utilisation de divers
bruitages. Nous pouvons penser parfois au Clash sur certaines
chansons. Sa durée de 35 minutes est parfaite pour maintenir
une attention soutenue et finalement, c'est assez agréable
à écouter. On ne peut pas dire que la production
de Vic soit immédiatement reconnaissable et c'est un peu
dommage. On y retrouve cependant un son de batterie bien familier.
Un disque qui pourra donc dérouter l'amateur de rock and
roll, mais en y apportant une oreille attentive, nous y trouverons
de quoi réjouir nos jolies petites oreilles. ***
1988 - The Birdhouse :
Meglamania

Un
des disques qui fût le plus difficile à trouver !
Après la découverte d’une des pochettes les
plus laides de l’histoire du rock, j’apprends que
Mark Duncan tient la basse. Il aura donc cumulé Birdhouse,
Vibrators et Inmates, pas mal….La musique est fortement
énervée passant du rock au punk avec de la pop et
du rap. Sacré mélange que tout ça, même
si un léger sentiment de « fait à la va vite
» empêche d’accrocher à cent pour cent.
A l’arrivée, nous avons donc un disque qui penche
plutôt coté Vibrators, mais où la production
de Vic Maile se fait discrète, excepté ce fameux
son de batterie. Agréable, mais pas indispensable. Pour
l’énergie, je lui donne ***
1988 - The Godfathers : Birth, School, Work, Death

Attention
chef d’œuvre ! La quintessence des Godfathers portée
par la puissance du titre phare Birth, School, Work, Death ! Un
disque racé, bourré d’énergie et d’électricité.
Un disque de Rock, proche du rock and roll mais très éclectique.
Les Godfathers sont ouverts à tout du moment que ça
déménage. Inutile de faire long, c’est du
cinq étoiles ! *****
1989 - The Inmates : Fast
Forward

Dernière
production de Vic pour les Inmates puisqu'il décédera
quelques temps plus tard. A l'arrivée nos avons un disque
qui est probablement le moins bon (si nous ne tenons pas compte
des problèmes de production de Heatwave In Alaska) disque
du groupe. Moins bon ne voulant pas dire mauvais d'ailleurs, mais
nous ne sentons pas la même cohésion et la même
conviction que d'habitude. Les chansons sont pourtant très
agréables et percutantes, peut être ne sommes nous
pas encore habitués à ce qui deviendra le nouveau
son Inmates et qui sera par la suite produit par Pat Collier.
***1/2 (Pour en savoir plus, voir la discographie Inmates sur
le site)
1989 - The Godfathers :
More Songs About Love & Hate

Voilà
un disque où la production de Vic Maile se fait discrète.
Il faut par exemple attendre le troisième titre pour reconnaître
ce son de batterie si souvent évoqué. Nous ne sommes
pas dans la catégorie pub-rock, mais plutôt rock
puissant, mais tout enrobé de douceurs. Nous naviguons
un petit peu dans la période Revolver des Beatles, avec
des moyens en plus et une ligne directrice un peu plus hargneuse.
Osons une image, ce disque pourrait être l'enfant des Beatles
et d'Ac/Dc. Intéressant, non ? ****
Interview
de Peter Staines (Aka Peter Gunn) : Vic Maile et Les Inmates.

Peter
Gunn et Vic Maile
Francis
: Bonjour Pete, j’espère que tu vas bien ! Le site
français est un succès. Nous avons une fréquentation
bien plus importante que nous l’imaginions au départ.
Avant de parler directement de Vic Maile, je reçois toujours
les mêmes questions de la part du public français
comme par exemple : Quand pourrons nous écouter un nouvel
album des Inmates ? Est-ce que Bill Hurley
va mieux ?
Pete
: C’est une bonne nouvelle de savoir que nos fans français
ne nous ont pas oubliés. Bill est toujours dans une passe
difficile, il n’y a guère de progrès. Nous
avons travaillé sur des nouvelles chansons pour un prochain
disque, alors je dirais dès que nous pourrons le faire,
nous le ferons.
Francis
: Pete, j’ai énormément de mal pour trouver
des photos de Vic Maile. En as-tu
?
Pete
: Non, je n'en ai pas. La seule que j’ai en fait c’est
la pochette de son single : Not Fade Away/It’s the Same
Old Thing paru sur Bronze Records BRO 129 en 1981. Peut être,
peux-tu te la procurer ?

Francis
: J’aimerais avoir ton avis et quelques détails sur
les productions de Vic Maile, à l’occasion du dossier
commémorant le vingtième anniversaire de sa disparition
en 2009. En 1974, Vic produit Down by the Jetty de Dr
Feelgood. Que penses-tu de cette première réalisation
?
Pete
: De plusieurs manières ce fut un disque révolutionnaire
pour son temps. Il a été enregistré en mono,
sans re/recordings. Vic réussit à capturer ainsi
l’excitation de cette musique. De plus c’est le meilleur
Line-Up de Dr Feelgood. Ce disque fut alors joué dans pas
mal de fêtes organisées par des groupes punk de New-York.
C’est vraiment un disque qui a eu une énorme influence
sur beaucoup de groupe de cette époque.

Francis
: Qui a eu l’idée de contacter Vic pour produire
First Offence, votre premier disque
?
Pete
: C’est Andrew Lauder, notre
manager chez Radar Records.

Pete, tony
et Jim
Francis
: Peux-tu nous dire qu’elles étaient les habitudes
de travail de Vic ?
Pete
: Nous adorions enregistrer avec Vic car nous savions que cela
sonnerait forcement bien et de plus nous rigolions bien ensemble.
Il avait toujours une bonne histoire à nous raconter au
sujet de ses sessions passées avec des groupes 60’s
comme les Kinks et les Small
Faces.
Francis
: Ensuite vous enregistrez Shot In The Dark.
Existe t’il des titres jamais sortis de ces sessions ?
Pete
: Oui en effet, il y a quelques titres inédits qui j’espère
seront commercialisés rapidement.
Francis
: Vic était-il propriétaire des Jacksons
studio ?
Pete
: Non, les propriétaires étaient les frères
Jackson, les fils de Jack Jackson, un célèbre présentateur
de radio en Grande Bretagne dans les années 50. Mais Vic
les utilisait pour la plupart de ses enregistrements. Il y avait
à l’intérieur des montagnes d’équipements
‘Vintage’. Nick Lowe
lui a dit un jour : Tu n’es pas un producteur de disques,
tu es le conservateur d’un musée de l’enregistrement
!
Francis
: Connais-tu la ou les raisons de leurs destructions ?
Pete
: Je crois qu’ils furent détruits pour laisser place
à un ensemble immobilier de bureaux.
Francis
: Pour moi, Thrue Live stories est
la plus belle production de Vic pour les Inmates ; le son est
incroyable, je n’ai jamais entendu une pureté pareille
sur un live. Incontestablement un des meilleurs live jamais enregistré.
Es-tu d’accord ? Quelles sont les raisons de cela ?
Pete
: Vic était un des rares producteurs britanniques à
posséder une telle expérience dans l’enregistrement
live. (Who : Live At Leeds, Festival de
L’ Ile De Wight, Hendrix, les Doors etc…) Je
suis d’accord avec toi, son travail sur Thrue Live Stories
est énorme, il l’est également sur Meet The
Beatles.

Francis
: Vic et Les Inmates utilisèrent-ils des séances
de Re/Recording pour Thrue Live Stories ?
Pete
: Non, d’après mes souvenirs, ce fut enregistré
en une seule fois puis mixé plus tard.
Francis : J'ai écouté
tous les disques produits par Vic Maile,
particulièrement ceux de cette période et je pense
pouvoir résumer que le son est le résultat du mélange
des voix traitées du disque des Vibrators
V2 (1979) et du son de guitare de Legendary
Lovers des Dogs (1983).
Qu'en penses-tu ?
Pete
: Je crois qu cela vient simplement du son du studio, des équipements
"Vintage" et de la technique de Vic.
Francis
: J'ai relevé un autre point qui me semble particulier
: le son des batteries. Il me semble entendre parfois Eddie
sur des enregistrements produits par Vic alors que bien entendu
ce n'est pas lui. Pour Vic était-ce une partie sur laquelle
il s'attardait volontiers ?
Pete
: Vic était très fort pour sonoriser et enregistrer
une batterie. Effectivement, il se donnait beaucoup de peine pour
y arriver. A cela, il ajoutait bien évidemment la basse
pour créer une base rythmique très solide.
Francis : Après le décès
de Vic, le son des Inmates a évolué vers un son
plus dur et Pat Collier est devenu
votre nouveau producteur. Il y a t'il des points communs entre
eux ?
Pete
: Pat est le bassiste de la formation originale des Vibrators
et il utilise des méthodes similaires à Vic. En
fait, c'est Vic lui-même qui nous a suggéré
Pat pour devenir notre producteur sur disque.
Francis
: Si l'on excepte les disques des Inmates, quelles sont les productions
de Vic que tu préfères ?
Pete
: Back In The Night de Dr Feelgood, 2468 Motorway de Tom Robinson,
999, Teenage Depression d'Eddie And The Hot Rods, Brinsley Shwartz
et Nightmare At Mapple Cross des Girlschool et bien d'autres…

Francis : Et si l'on parle des productions
pour les Inmates ?
Pete
: Je les aime toutes, mais j'ai un faible pour Shot In The Dark
et Fast Forward.
Francis
: Il y a quelques mois, nous avons pu trouver sur le marché
un DVD des Inmates : Back In History comportant des chansons de
cette période (1980). Constatant la faible qualité
des images, je suppose que ce n'est pas un produit officiel ?
Pete
: Je pense qu'il est fait avec de très vieux films ou vidéos
de nos concerts provenant de cette période. (Curieusement
Pete ne répond pas à la question relative à
la légalité de ce produit, NDLR)

Francis
: Sur ce DVD, il y a une chanson que je n'avais jamais entendue
lors d'un concert des Inmates : You Don't
Miss You Water. Quelle est l'histoire de cette reprise
?
Pete
: C'est l'une des toutes premières chansons que nous jouions.
La version originale est de William Bell,
je crois, mais nous ne l'avons jamais enregistrée.

Francis
: Penses-tu que nous aurons un jour la chance d'avoir un DVD
officiel ?
Pete
: Ce serait bien ! (Pete répond indirectement à
la question relative à Back In History plus haut, NDLR)
Francis
: Tous les fans attendent l'édition Cd des trois premiers
albums, plus particulièrement de First Offence et Shot
In The Dark produit par Vic Maile. As-tu des nouvelles de Warner
à ce sujet ? Parallèlement, les éditions
japonaises sont-elles officielles ?
Pete
: Une grande sélection de ces titres est disponible sur
"Dirty Water" –The Best
Of The Inmates sorti par Warner il y a quelques années.
Il y a eu des projets pour les sortir tous mais aucun ne s'est
concrétisé à l'heure actuelle. Les Editions
japonaises sont officielles et de bonne qualité.
Francis
: Durant ta carrière, tu es devenu producteur à
ton tour. Peux-tu faire une liste des disques produit par Peter
Staines ?
Pete
: Chesterbox (jamais sorti) , Les Saigneurs (groupe français)
, Us Marshall, The Amazonas, Eager Beaver, Desoto, The Pirates,
Electrocuting Elvis, The Jim Jones Revue.
Francis :
Tes productions sont-elles influencées par le travail de
Vic Maile ?
Pete
: J'essaye d'avoir le même niveau que lui et d'avoir toujours
une bonne histoire à raconter.
Francis
: Je suppose que durant toutes ces années de collaboration
avec Vic Maile, tu as eu de plus en plus d'implications dans sa
production. Si cela est exact, peux-tu nous expliquer cela LP
par LP ?
Pete :
Nous avons tous essayé de comprendre et de rejoindre ses
idées, ses suggestions. Pour moi, ce fut vraiment intéressant
de voir comment Vic travaillait et de le voir construire un son.
Francis : Au sujet de ce triste anniversaire
(les 30 ans de sa mort), veux-tu dire quelques mots particulièrement
?
Pete
: Vic a été un grand ami et
il me manque beaucoup. J'aimerais tant qu'il soit encore là.
Je sais que nous aurions fait de grandes choses !
Francis
: Merci Pete.
Vic
Maile par Jim Russel

Jim
Russel
J'ai rencontré
Vic Maile aux "Jacksons Studio", lors d'une séance d'enregistrement
que je faisais avec Martin Rushent. Vic m'a alors donné
rendez-vous pour une session avec lui. J'avais à l'époque
une caisse claire qui avait un son extraordinaire. Vic était
fasciné par celle-ci et voulait savoir comment l'on pouvait
obtenir un son de ce type. Il me posait énormément
de questions : Comment je la plaçais, comment je la tendais,
comment je tapais dessus en studio, etc. Il me fit faire des essais
et lorsqu'il entendit ce fameux son, il insista pour que je ne
change plus rien dans ma façon de frapper. Je pensais qu'il
était un peu fou mais j'adore le résultat et j'ai
appris énormément de lui.
Nous nous sommes bien entendus et il m'intégra dans de
nombreuses sessions d'enregistrement puis, suggéra que
je rencontre les Inmates qui cherchait un batteur. Merci à
lui, j'ai eu le job et tu connais la suite……
Mes souvenirs
de Vic sont ceux d'un homme strict et adorable. Il était
parfois très secret au sujet des effets qu'il utilisait
après la prise de son initiale.
Il avait un
système d'enregistrement très strict, aussi tu ne
pouvais pas enregistrer autre chose qu'une "Production Vic Maile".
Il te laissait essayer tes arrangements de chansons dans toutes
les voies possibles, probablement de manière délibérée,
mais il n'y était pas toujours très attentif. Tu
pouvais le voir, derrière la vitre de la console, assis,
les pieds en l'air et lire le journal.

Vic
et son journal
Quand tu
lui demandais comment cela avait sonné, il haussait les
épaules et murmurait d'une voix haute perchée et
désintéressée (Que Pete imitait très
bien et très souvent) : Raisonnable ! Alors, inévitablement,
le groupe surpris par son manque d'enthousiasme cherchait à
se rapprocher de sa façon de faire et là, il commençait
à s'intéresser au son et le groupe se sentait mieux
! Il est très probable que tout cela était planifié,
un peu comme si tu laissais tes enfants se fatiguer pour qu'ils
dorment mieux ! La principale chose créative qu'il faisait
était de ne pas hésiter à couper ce qu'il
ne lui semblait pas en place, un coup de batterie par exemple.
Il était très strict sur le groove, le résultat
est là d'ailleurs; Ce résultat, tu peux le reconnaître
à l'oreille entre mille. Je ne pourrais pas dire avec précisions
quels bénéfices ont tiré les groupe de tout
cela, mais pour les Inmates, c'était exactement ce qu'il
fallait au bon moment !
Il ne faisait
jamais durer les sessions trop longtemps. Il adorait lire les
journaux de musique et rigolait et se moquait facilement du contenu.
Il avait également un Timer Casio qui émettait un
bip-bip lorsqu'il était temps de manger sa banane car il
venait d'être diagnostiqué diabétique entre
le premier et le deuxième album des Inmates et se devait
d'observer un régime très sévère.
C'était un gars assez inhabituel, comme venu des temps
anciens, un peu comme un personnage d'une nouvelle de Dickens
: Victor Knob Twiddler ou Jeremiah Slidefacer, quelque chose comme
ça. Je ne l'ai jamais vu anxieux ou fâché
par exemple.

Tony,
Jim, Pete et Bill
Vic faisait
en sorte de suivre sa route sans embêter le monde. Il savait
exactement ce qu'il voulait mais restait malgré tout attentif
aux idées que le groupe pouvait avoir. On peut mieux le
décrire comme un producteur "Old School" dans la tradition
de Joe Meek par exemple. Tu avais son "son" et lu par magie faisait
en soret que cela devienne le tien. Plus tard, un gars comme Liam
Watson , qui fit démarrer les studios Toerag, à
eu une approche similaire avec des gens comme les White Stripes
ou Jeff Beck.

Console
du Jacksons studio
Un jour, je
lui ai demandé qui étaient ces héros, il
me répondit à ma grande surprise : Franckie Laine.
Quand j'entends aujourd'hui des choses comme "Rawhide", je peux
entendre le son de Vic dedans. A son grand crédit, Vic
réussissait à injecter quelque chose de plus (la
grande majorité des producteurs ne le font pas) et devint
à se titre un membre a part entière du son Inmates.
Pour cela, je suis certain que nous le remercions tous. Je me
souviens que lors d'une tournée aux États-Unis avec
les Inmates pas mal de groupe de là bas nous posèrent
pas mal de questions au sujet de la qualité du son de la
production et de Vic en conséquence. Ils étaient
très surpris d'apprendre que Vic avait une stature physique
assez petite. Ils s'imaginaient tous que pour avoir un tel son
il fallait être une armoire à glace. Comme Phil Spector,
c'était un homme petit qui créa un grand son. C'était
un de ses principes de vies, il ne voulait aller que vers de grande
chose. Nous avons tous étés choqués et tristes
d'apprendre son d
Sources
: Pour Le Biographie : Juke Boxe Magazine numéro 31 de
septembre 1989, encore disponible sur le site de journal, documentation
personnelle. Pour
la discographie : Dicographie et recherches personnelles, pour
l'interview de Peter Gunn : Copyright
Peter Staines/Francis Lachet : Septembre 2008
Traduction et adaptation : Francis Lachet pour publication septembre
2009
Texte
de Jim Russel : Copyright 2010. Traduction et adaptation Francis
Lachet
Copyright
Francis Lachet 2008/2009/2010 avec l'aide de Peter Gunn, Jim Russel
et Jodie Maile.
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