PRODUCED BY VIC MAILE !

NB : L'interview de Peter Gunn au sujet de Vic Maile se trouve à la fin de ce dossier. Le Texte de Jim Russel également. Un grand merci à Jodie Maile pour son aide.

Vic Maile La passion du son.


Produced by Vic Maile, voilà une petite mention figurant au dos de certains disques, petite mention synonyme de qualité, de bon goût et de satisfaction garantie. Au travers de ce dossier, nous allons évoquer depuis le début, la carrière musicale de Vic. Comme vous allez le voir la liste des artistes avec qui il a collaboré est absolument impressionnante ! D'où ce sentiment de manque de reconnaissance de ses talents. Nous allons tenter de réparer ce petit outrage.


Pour beaucoup d'entre nous, Vic Maile est le producteur des Inmates et de Dr Feelgood. Lorsque l'on se plonge dans les archives, nous nous apercevons que la vérité est ailleurs, comme dirait l'agent Mulder. Commençons donc notre travail contre la conspiration du silence (humour pour amateur d'X-Files).

Vic Maile était passionné par les magnétophones. Cette faculté d'enregistrer un son, de le reproduire et de le modifier le subjuguait. Il décida donc d'essayer de travailler dans l'industrie musicale, espérant approcher au plus près "la source sonore". L'approche va se faire de façon très lente, Vic répondant à pas mal d'annonces émanant de cette corporation. Loin de là, à ce moment, l'idée de devenir producteur, sa seule préoccupation restant les magnétophones.

Il reçoit donc un jour, une réponse positive d'Emi dans laquelle il va intégrer le service contrôle qualité. Vic est donc affecté au transfert des bandes mixées, c'est à dire qu'il fait passer sur vinyle ce qui est sorti du studio d'enregistrement et ensuite d'écouter le résultat du début à la fin pour s'assurer que tout va bien. Le travail l'intéresse grandement mais il ne s'occupe que de musique classique avec une hiérarchie et des collègues qui en sont passionnés. Vic étant un grand fan de rock, il est obligé de cacher ses goûts. Hélas, suite à une petite imprudence de sa part, ses responsables vont apprendre cela et tout va se gâter à partir de là, temporairement évidemment.

Au cours d'une soirée, Vic fait la connaissance de Peter Knight Junior, fils de Peter Knight, musicien célèbre, qui s'occupa notamment plus tard des Moody Blues et des Carpenters. PkJ est alors producteur chez Pye records et a produit notamment un des disques favoris de Vic : Country Line Special de Cyril Davies And The All Stars. Ainsi il obtient un entretien d'embauche qui se concrétise officiellement par une embauche dans les studios Pye en 1964.

Dans le même temps, Vic Maile continue de fréquenter assidûment les concerts et voit défiler la crème de la scène anglaise comme les Rolling Stones, les Who et bien d'autres, tout cela forgera en lui une certaine idée du son.

Vic Maile à la console


Parallèlement, il étudie pour le plaisir les différences sonores sur les disques qu'il possède. Un de ses grands étonnements est de constater la puissance du son des disques de Joe Meek. Il en parle beaucoup avec ses proches et tous se demandent bien d'où peut venir cette différence. La question restera provisoirement sans réponse.

Toujours en 1964 chez Pye, il devient officiellement assistant de studio, affecté à la salle de contrôle. Une de ses tâches étant de monter les bandes servant au pressage d'artistes américains (notamment de Chess) pour le label Pye International, ce job lui permettant de parfaire sa culture musicale. Avec lui dans cette salle, le producteur, son assistant et l'ingénieur du son. Le premier enregistrement auquel il participe sera : Bye Bye Baby de Tony Jackson, alors fraîchement débarqué des Searchers et ce en septembre 1964 pour être très précis.
Vic déclare à ce sujet : Pye était un studio pratique, ouvert à tous et pas seulement aux artistes Pye. Il note également le détail du matériel : des trois pistes et des multi-pistes Ampex le tout mixé sur des Ampex Mono. Il y avait, sur place une possibilité d'enregistrer et de mixer en stéréo mais cela était réservé aux 'Grands Orchestres', les groupes de rock devant se contenter de la monophonie. Les enregistrements se passaient de manière quasiment identique : Voix principale sur la première piste, instruments sur la seconde, les chœurs et les petites percussions sur la troisième. Vic y développe ainsi un certain goût pour les enregistrements les plus spontanés possibles, la quasi-totalité des singles de l'époque étant enregistrée en trois heures face B comprise. Le tout, mixé dans la foulée en à peu près deux heures. Vic donne un exemple de succès foudroyant ayant été fabriqué de la sorte : The House Of The Risin Sun des Animals. A cette époque un autre grand groupe, signé chez Pye, prend possession des lieux pour y enregistrer sans cesse : Les Kinks.

Il y apprend aussi le maniement rudimentaire de l'écho géré alors par une chambre EMT, il faut noter qu'avant l'utilisation intensive par les studios Pye, ce procédé était quasiment absent des enregistrements anglais de l'époque. Vic travaille également son apprentissage de la compression, notant alors que beaucoup de producteur refusait de s'en servir pour ne pas étouffer le son, mais simplement parce qu'il ne savait pas s'en servir précise t'il !

Il rencontrera également certains producteurs attitrés de Pye, comme Shel Talmy, Tony Hatch ou Mickie Most. Il étudiera avec précision leurs façons de travailler, de partir avec une idée très précise du son qu'ils souhaitent, connaissant à l'avance le résultat de leurs travaux. Nous savons maintenant d'où vient la grande rigueur de Vic. Il note également qu'à ce moment, bon nombre de producteurs ne sont en fait que des 'amateurs' travaillant uniquement pour l'argent et sans aucune connaissance musicale, laissant le soin de la totalité de la prise de son à l'ingénieur du même nom.

Dans la continuité, Vic collabore avec Andrew Loog Oldham, enregistre quelques sessions avec les Nashville Teens et les Animals. Il est également assistant sur Down Town de Petula Clarck, étonnant non ?

Les Stones, eux, refuseront toujours d'enregistrer aux studios Pye, malgré l'insistance d'Andrew Loog Oldham. Ils finiront par accepter l'essai du studio numéro deux où ils enregistrent le backing tracks de The Last Time. Pas satisfaits du résultat, ils ne la termineront pas et ne reviendront jamais.

Vic évoque aussi la production des disques des Kinks, pour nous apprendre que Shel Talmy n'a réellement occupé ce poste jusqu'à Dead End Street, cette dernière étant refusée et refaite sous la houlette de Ray Davies. Ce n'est uniquement pour respecter les clauses d'un contrat que Shel Talmy continuera d'être crédité, moyennant rémunération, pendant un certain temps.

Une autre pratique très prisée à l'époque chez Pye (comme chez les autres) consiste à engager des musiciens de studios pour compléter voir remplacer les membres des groupes jugés un peu juste. Jimmy Page, ne sera pas le dernier et nous pouvons l'entendre sur un grand nombre d'enregistrements de cette période, il est par exemple sur I Can't Explain des Who en seconde guitare rythmique. Big Jim Sullivan était un guitariste très prisé également, on le retrouve notamment sur des sessions d'Eddy Mitchell (Vic y participa). Bobby Graham, batteur de son état était souvent aux baguettes de moult sessions car il était un des rares batteurs à savoir lire une partition, ce qui lui permettait de participer également aux orchestrations. D'ailleurs , il est le batteur sur disque des Kinks, Mick Avory enregistrant pour la première fois, bien plus tard sur Everybody' Gonna Be Happy. Cette façon de faire était très utilisée par Shel Talmy . Vic note également que beaucoup de disques furent enregistrés en One Shot c'est à dire que la chanson sortait telle quelle, avec la façon de travailler décrite un peu plus haut. Si elle ne plaisait pas au public, le groupe retournait dans l'anonymat. Les plus chanceux auront la chance d'aller par la suite aux Studios IBC où officiait un certain Glyn Jones, futur collaborateur des Beatles.

Dans la continuité de son travail, Vic commence à écrire des chansons afin de les proposer soit aux artistes, soit à des producteurs. Une sera enregistrée par Joe Brown et se nomme Teardrops In The Rain, une autre sera Phoenix enregistrée par les Sorrows. Il faut noter que Vic Maile possède de bonnes connaissances de la basse ce qui lui donnera quelques occasions parfois gênantes lors de l'enregistrement d'une autre de ces chansons par Tommy Roe. En effet, les producteurs veulent absolument que le jeu de basse soit identique à celui de la démo joué par Vic lui-même. Jimmy Page et John Paul Jones font partie de la session. Vic assure également la prise de son. Le producteur Charles Blackwell intervient alors pour que Vic descende dans le studio faire une démonstration de basse à John Paul Jones ! Embarrassant, n'est ce pas ? En 1965, Vic participe aux sessions de l'enregistrement de Watcha Gonna do About You des Small Faces puis également aux sessions qui donneront naissance aux fameux Yeah Yeah de Georgie Fame.

Pye possédait un studio mobile à la réputation grandissante. Vic part ainsi à Liverpool pour enregistrer en live un EP de Tommy Quickly : Humpty Dumpty.

Le Studio mobile Pye Records et vic Maile

De retour dans les studios fixes, Vic croise la route de Chuck Berry pour deux jours de sessions, dont la première en tant qu'ingénieur du son pour mettre en boite l'album Chuck Berry In London. Evidemment Vic est un peu désappointé par l'attitude de Chuck. Un groupe anglais (Jimmy Powell's Dimension) est engagé pour réaliser l'accompagnement de ce dernier. Comme d'habitude avec Chuck, tout se fait dans l'improvisation totale. Il donne pour consigne au groupe de le suivre dans ses accords, sans aucun repère écrit. C'est ainsi que sont réalisées les parties instrumentales. Chuck écrivant dans la foulée des paroles qui collera par la suite dessus.


Vic commence alors à se faire un petit nom et Paul McCartney le réclame pour l'enregistrement du disque de Black Dyke Mills, le tout écrit par le père du fameux Beatles et paru sur Apple. Le tout se faisant dans le studio mobile. Paul McCartney sera légèrement déçu car Vic est évincé de la production au dernier moment par son patron, se contentant du rôle d'assistant. Le déclic arrivera après le boulot fantastique effectué sur l'enregistrement live d'un concert de Jimi Hendrix au Royal Albert Hall en janvier 1969. Cet enregistrement devant servir comme support à un film, le travail fût confié dans un premier temps à Glyn Jones, mais les producteurs américains refuseront le résultat. Vic s'en occupa donc au plus grand plaisir de ces mêmes producteurs qui finiront même par informer la direction de Pye de la grande qualité du travail de Vic.

Petit à petit donc, Vic passe d'assistant à ingénieur du son et travaille énormément avec le studio mobile, notamment sur des Live. C'est ainsi que l'on retrouve Vic sur un monument : The Who , Live At Leeds. Ce disque et la pureté du son qui s'y dégage restera une ces cartes de visite les plus efficace pour Vic Maile, qui participa, peu de temps avant au live des Kinks : The Kinks at The Kelvin Hall.

En 1970, Vic part pour l'ile de Whight, engagé par CBS afin d'enregistrer, entre autre : Jimi Hendrix, Taste et Ten Years After, mais dans des conditions déplorables. En 1970, Vic franchit le Rubicon et devient définitivement producteur. Sa première réalisation sera un single du groupe Kult dont les bandes seront vendues à CBS et fera de même (sauf que les bandes seront vendues à MAM) avec le groupe Slow Load, groupe qui restera dans l'anonymat. Vic développe alors des relations privilégiées avec United Artists (je vous rappelle que les Studios Pye sont ouverts à tous) et s'occupe pour eux le LP de Man : Back Into The Future. Le disque montera à la 23 eme place des charts anglais. Pour Vic, c'est la première fois qu'il est payé pour un travail de production et l'expérience est plus que concluante.

Le studio Jacksons

Ensuite c'est la rencontre avec Dr Feelgood pour la production du premier album Down By The Jetty où Vic précise ne pas avoir été beaucoup payé. Après ce superbe succès, United Artists lui confie tout naturellement la production du deuxième album de Feelgood : Malpractice. Malheureusement, lors des séances, United Artist fait pression sur le choix des titres à enregistrer, préférant les titres joués sur scène et/ou évincés du premier opus. Vic ne trouvant aucun intérêt à cette ligne de conduite, résiste dans la réalisation d'un choix différent. C'est ainsi qu'il se retrouve limogé de la production de ce disque dont on peut voir sur la pochette qu'il n'est que partiellement crédité. Le groupe et son management, conscient d'avoir fait une erreur et accumulant les problèmes avec la nouvelle équipe de production et les studios , reprennent contact avec Vic pour l'embaucher comme preneur de son sur un album live à venir : Stupidity. Ce disque connaîtra un succès énorme. A toutes choses malheur est bon ? Là encore, oui. Peu de temps après avoir été évincé de Malpractice, Vic reçoit un coup de téléphone du secrétariat de Feelgood. Une employée a pour petit ami le manager d'un groupe débutant et sans contrat : Eddie And The Hot Rods. Vic leur produit un premier single Writing On The Wall , pour se faire évincer de nouveau par Island Record pour le second qui ne marche pas très bien. Volte face d'Island qui rappelle Vic en tant qu'ingénieur du son, pour produire un EP du groupe : Live At The Marquee puis Teenage Depression en tant que producteur. Nouveau carton !

Vic obtient un autre succès avec le single de Tom Robinson, 2-4-6-8 Motorway, ce qui lui vaut d'être approché par CBS pour produire le second album des Vibrators : V2 en 1977. Deux ans plus tard, Vic est contacté pour par Andrew Lauder alors directeur artistique des Inmates pour la production d'un single : Dirty Water. Les relations entre Andrew Lauder et Vic Maile sont compliquées, mais cela donnera naissance par la suite à l'album First Offence. L'immence succès de Dirty Water provoque un aflux de demande auprès de Vic qui pour la premiere fois peut se permettre de choisir les artistes à produire, ainsi il refusera , par manque de temps et de conviction, les Tourists (futur Eurythmics) et Shakin Stevens. Vic produira dans la foulé, l'album des 999 : The Biggest Prize In Sport.

Vic s'attaque ensuite à un monstre : Motorhead. Ainsi, il produit Ace Of Spades en 1980 et No Sleep Till Hammersmith encore un Live en 1981. Ce dernier sera une énorme vente dépassant le million d'exemplaires vendus.
Par ce chemin, il croise la route des Girlscholl et obtient un nouveau succès en single : Please Don't Touch, puis produira le Lp des Rock Goddess qui ouvrent souvent alors pour Motorhead.

Petite parenthèse, Vic contacte à un moment le groupe 101 ers afin de lui proposer un deal semblable à celui des Hot Rods, à savoir, nous enregistrons des démos et nous essayons d'obtenir un contrat. Le Deal est accepté et le groupe se retrouve au studio Jacksons pour enregistrer cinq titres (Vic remarque que seulement quatre sont bons). Ces titres se retrouveront publiés plus tard sur une compilation nommée Elgin Avenue Breakdown. Joe Strummer s'en ira très vite ensuite former The Clash.

En 1983, Vic travaille pour le groupe français : Les Dogs. Puis enchaîne avec True Live Stories et Five pour les Inmates, un single pour Anti Nowhere League et le mini Lp des Screaming Blue Messiahs : Gone And Gone. Vic précise avoir produit un Lp des Tall Boys dont je n'ai pas trouvé la moindre trace et un autre pour les DeadBeats.

Malheureusement nous nous approchons de la fin, Vic s'occupe alors de quelques titres pour l'album de Bill Hurley : Double Agent produit les albums Meet The Beatles et Fast Forward des Inmates puis va s'éteindre doucement, rongé par un cancer début juillet 1989 à l'âge de 45 ans.

Pour compléter ce dossier, j'ai dressé une liste la plus complète possible des productions de LP "Produced by Vic Maile, je vous la propose de suite. Puis, vient une critique, elle aussi la plus complète possible, de ces mêmes disques avec leurs photos de pochette.

 

Chronique des productions signées Vic Maile



1973 – Brinsley Schwarz : Please Don’t Ever Change

Ce groupe est une énigme pour moi. Impossible de lire un article sans évoquer le pub-rock. Pourtant lorsque l’on écoute ce disque du pub rock je n’en trouve point. J’ai même du mal à trouver du rock. Cela ressemble plutôt à un revival Mersey Beat légèrement modernisé. Soyons clair, ce n’est pas désagréable, c’est très bien joué et la voix de Nick Lowe fait des merveilles, mais cela ne procure point d’excitation rockandrolliene. On n’y trouvera cependant quelques ébauches de ce que fera Rockpile plus tard. En ce qui concerne Vic Maile et bien je dois dire que je n’entends rien qui me mettrait sur la voie de sa production. Donc j’en ressors avec une impression de déception. Pour amateur de rock soft. **1/2



1974 - Dr Feelgood : Down By The Jetty

Ce disque est probablement le maître étalon du Pub-Rock. Les temps s'y prêtaient, le son de Wilko Johnson fait merveille, la rage de Lee Brilleaux éclate au grand jour. Ajoutez à cela le savoir-faire de Vic Maile et cela donne naissance à un brûlot extraordinaire d'une simplicité déconcertante. Je vous invite à vous procurer la version Deluxe sortie il y a quelques temps, qui présente, en autre, les chansons en Mono et en Stéréo. ***** (Pour en savoir plus, voir la biographie de Dr Feelgood sur le site)


1975 - Dr Feelgood : Malpractice

Comme nous le savons maintenant, le fait que Vic n'ait produit qu'une partie de l'album est le résultat d'un conflit d'orientation entre United Artists et lui-même. (Pour en savoir plus, voir la biographie de Dr Feelgood sur le site)



1976 - Eddie And The Hot Rods : Teenage Depression

La bande à Barrie a la réputation d’un groupe punk. Réputation curieuse, il s’agit bien d’un combo de rock and roll, parfois déjanté, souvent même ! Teenage Depression est un bon disque, influencé par les grands anciens comme les Who, mais mis au son de l’époque. La production de Vic Maile est efficace et discrète se concentrant sur l’énergie. Le disque comporte à l’origine onze titres dont le célèbre titre phare sorti quelques temps auparavant en single. La version Cd assez facilement trouvable comporte douze titres bonus. ****


1976 – Eddie And The Hot Rods : Live At The Marque

Faisons une petite exception, parlons un petit peu d’un Ep Mythique. Produit par Ed Hellis, le frère de Mark (Talk Talk), Vic y est crédité de l’assistance de production, du poste d’ingénieur du son et du mixage. Cet Ep comporte 96 Tears, Do Anything You Wanna Do, Get Out Of Denver (que l’on retrouvera chanté par Barrie sur Thrue Live stories) et Gloria/Satisfaction. Il s’agit bien d’un des meilleurs brûlot de rock and roll sous format Ep.
Difficile à trouver, mais tellement bon ! **** 1/2



1978 - Vibrators : V2

Nous le savons, les connections entre les Vibrators et les Inmates sont nombreuses, mais pas forcément musicales. Sans Vic Maile, Eddie n'aurait probablement jamais rejoint les Inmates, sans Eddie, Mark Duncan n'aurait probablement jamais assuré l'intérim de Ben Donnelly etc..
Malgré cela, je ne suis pas un grand fan des Vibrators et du Punk en général. Il faut cependant bien reconnaître que nous sommes en présence d'un disque Punk remarquablement organisé (un comble…) La cohésion du groupe est totale, le martèlement d'Eddie est hypnotique et les chansons sont variées et efficaces comme les célèbres Automatic Lovers ou Public Enemy N° 1. La voix principale n'est pas sans rappeler celle de Barrie Masters, noyée dans la réverbération. Un disque cent pour cent "Fun". ***1/2


1979 - The Inmates : First Offence

Tout comme le premier Feelgood, cet album c'est le bon groupe, au bon moment, avec les bonnes chansons et le bon producteur. La production est magnifique, enrichie par une section de cuivres hors norme. Ce disque marchera remarquablement en Grande Bretagne, en France et aux Etats-Unis. Evidemment c'est sur celui la que l'on retrouve Dirty Water. A noter qu'au moment où j'écris ces lignes, le disque n'est toujours pas sorti au format CD ce qui est quand même plus que curieux de la part de Warner propriétaire de Radar Records. ***** (Pour en savoir plus, voir la discographie Inmates sur le site)

 



1980 - Girlshool : Demolition

Hard Rock ou pas ? Bonne question. Généralement la réponse est oui, mais objectivement, si les guitares sont sévèrement viriles (cocasse pour un groupe féminin), les voix viennent adoucir le tout et finalement nous sommes à la limite entre rock and roll et hard rock. Le disque est efficacement emmené grâce aux riffs de guitares, omniprésentes. Les chansons sont bonnes et entraînantes, un seul regret l'uniformité du chant. Une réussite cependant avec notamment le titre phare Deadline. *** 1/2


1980 - Motorhead : Ace Of Spades

Motorhead est un casse tête pour moi. Malgré des qualités incontestables, je n'accroche pas. Le principal reproche que je pourrais formuler est, à l'image des Girschool, un chant uniforme et pour tout dire pas très harmonieux. Bon, passé cet obstacle, je suis obligé de reconnaître que la bête maîtrisée par Vic Maile devient nettement plus audible à mon oreille. La chanson titre Ace Of Spades est formidable et donne le ton de cet album de gros rock qui a le don de vous mettre le sourire aux lèvres. La réédition en Cd offre en bonus le Please Don't Touch enregistré avec les Girlschool dont nous parlons dans le dossier, toujours produit par Vic Maile. ***1/2


1980 - The Inmates : Shot In The Dark

Second album des Inmates pour Radar. La recette gagnante du premier est reconduite. Le disque se vend très bien en France, Angleterre et USA, mais relativement moins que First Offence, ce qui va commencer à provoquer des tiraillements entre le groupe et Radar-Warner.
La musique est percutante, légèrement différente du premier opus, sans pour autant le renier. Un certain pas vers le son des "garages bands 60's" est accompli. Les USA classeront même ce disque sous la rubrique punk (on se demande encore pourquoi). Le disque contient son lot de hit potentiel, mais hélas, aucun single ne connaître le succès de Dirty Water. Ce disque non plus n'a jamais été réédité en CD.****1/2 (Pour en savoir plus, voir la discographie Inmates sur le site)


1981 - 999 : Concrete

Pour tout dire, je ne connaissais pas ce groupe. Après une petite enquête, il existerait toujours et aurait été une figure de proue du Punk anglais. Que de lacunes…. 999 est donc le numéro des urgences ( Police, ambulance etc...) anglais, assez amusant tant il est urgent de découvrir cette galette ! Le disque d’origine comprend douze titres et la réédition Cd que j’ai réussie à trouver comporte 8 titres en bonus. Je me contenterais de parler des titres d’origine (ce qui ne veut pas dire que les bonus sont mauvais). La musique proposée est une sorte de pop/punk accompagnée de quelques riffs de guitares bien rock. L’influence de Vic Maile dans le son est ici débordante, le son de batterie toujours magnifié, les guitares s’entremêlent avec fougue et talent. Le son général est proche de Five par exemple. Une musique entre Vibrators et Inmates pour faire un résumé rapide. Une bonne découverte. ****



1981 - Motorhead : No Sleep 'til Hammersmith

Vous avez probablement lu mon avis sur Ace Of Spades du même groupe. Je renouvelle donc mes réticences quant au chant, encore plus d’ailleurs sur ce disque. Je trouve cela assez rébarbatif et la double grosse caisse n’arrange pas les choses et renforce cette impression de démarrage de char d’assaut.. Je reconnais qu’il y a de bonnes chansons, de bonnes idées, des sons de guitares sympathiques, mais le final est trop hard et trop lourd pour mes oreilles. Je sais que ce disque est adulé par les fans du groupe, ce que je omprends fort bien, mais je n’apprécie pas trop ces débordements de décibels intempestifs. Difficile de juger la production de Vic Maile dans ses conditions. Pour amateur de Hard. **1/2



1981 - The 101ers : Elgin Avenue Breakdown

Fallait-il parler cet album, sachant que Vic n'en a produit que cinq titres ? La question ne se serait pas posée si le contenu était mauvais, mais ce n'est pas la cas du tout ! Vic n'a jamais caché qu'il ne supportait par la voix de Joe Strummer puisque c'est bien lui qui chante dans ce groupe ( Joe donnera naissance aux Clash, quelques temps plus tard ). Je ne vous cache pas que je suis du même avis, surtout en live. Seulement voilà, sans faire de distinction entre produced by Vic Maile ou pas, l'album tient la route affichant une qualité surprenante. Le son des guitares rappèle furieusement le Wilko Johnson de Down By The Jetty, les Telecasters chauffent au rouge. De plus, à ma grande surprise, cela sonne quasiment totalement pub-rock. Un disque que je qualifierais donc de sympathique et de surprenant. A écouter, même si les titres live offert en bonus sont souvent anecdotiques, mais c'est du bonus.****


 

1981 - Girlschool : Hit And Run

Deuxième production de Vic pour les Girlshool. Deuxième réussite. Le son est encore plus clair que le premier, les guitares toujours au premier plan et le chant est en net progrès. Du gros son, bien électrique avec une touche de féminité. Il est dommage que sur les disques à tendance hard, nous ne sentions pas trop la patte de Vic. De plus sur certains titres, j’ai du mal à donner une valeur à cette double grosse caisse héritée de Motorhead. A écouter cependant avec appétit, le petit coté collégienne qui se déchaîne est délicieux ! ****

 



1982 - Dr Feelgood : Fast Woman, Slow Horses

Après son éviction de Malpractice, Feelgood rappelle Vic aux manettes sept ans après. Le groupe de Lee Brilleaux est dans une période difficile, après le départ de Wilko Johnson, il perd son remplaçant Gypye Mayo. Comme l' a déclaré Lee par le suite : Johnny Guitar n'est pas fait pour Dr Feelgood. Il est d'ailleurs étonnant qu'aucun bootleg de concert avec Johnny Guitar ne me soit jamais parvenu. Bref, ce disque a tout pour être mauvais. Vic va y faire des merveilles, produisant là un de ses meilleurs disques. Quelle cohésion, quel son, quelle énergie, il s'agit à mon humble avis d'un des meilleurs disques du bon docteur. Oui, Johnny Guitar n'était pas le guitariste idéal pour le groupe, mais le résultat magnifié par la patte de Vic est remarquable. ***** (Pour en savoir plus, voir la biographie de Dr Feelgood sur le site)

 


1983 - The Dogs : Legendary Lovers

Les Dogs, voilà un exemple de groupe culte français. Inconnu du grand public, mais suivi sans arrêt par une horde de fans jamais rassasiée jusqu'à la triste fin prématurée de Dominique Laboubée, leader, chanteur et guitariste du groupe. Ce groupe avait la classe (Too Much Class) Malheureusement, Dominique chantait avec un accent frenchy que certains trouvaient sympathique et d'autres insupportable. Revenons au disque, que nous propose t'il ? Une suite de bonnes chansons, vitaminées mais sans excès. Au niveau du son et de la production de Vic, nous entendons les prémices de ce que sera Five des Inmates, c'est dire. Les productions de Vic se reconnaissent souvent également par la prise de son de la batterie et de l'uniformité des styles de frappes quel que soit le batteur. Celui là n'échappe pas à la règle, nous croyons entendre la frappe lourde de notre ami Eddie Edwards.***



1983 - Rock Godess : Rock Godess

Rock Godess est un groupe de femmes et il s’agit pour moi la quintessence de Motorhead et des Girschool. Là où je remarquais des défaillances vocales, ici il n’y en à point. Les guitares sont bien présentes, les chansons tendances Hard bien en place et la voix très agréable. Niveau sonore, nous sommes peut être un peu en dessous des groupes précités, mais c’est un bien qui permet de bien entendre les subtilités de la galette ainsi que la production discrète mais efficace de Vic Maile.
Même si vous détestez le Hard, vous apprécierez ce disque car il est à la fois dur, subtile et féminin. ****


1984 - The Inmates : Thrue Live Stories

Ce disque, bien que peu connu du grand public, est une des références en matière de prise de son live. Quelle pureté, tout y est enregistré avec une limpidité qui est difficilement envisageable en studio. Les Inmates y développent cette fameuse musique plus "pop" imposée par le remplacement de Bill Hurley : Barrie Masters. Rien que ce pari était difficile et le choix de Barrie assez curieux sur le principe, mais le résultat est un petit bijou d'écriture et de production. Vic est vraiment très doué dans le live. Un must. ***** (Pour en savoir plus, voir la discographie Inmates sur le site)

 



1984 - Deadbeats : On Tar Beach

Les Deadbeats était un groupe brillant et prometteur. Je ne sais pourquoi, ils ont disparu assez rapidement après l’enregistrement de démos destinées à établir les bases d’un deuxième album en 1987. Emmené de mains de maître par Suzy May au chant et Tony Berrington à la guitare (quel formidable guitariste), le groupe proposait un rockabilly moderne aux influences Johnny kid, Shadows, Link Wray et Stray Cats par exemple. Le disque est brillant, magnifiquement produit pas Vic. Comme à son habitude, les sons de batterie et de contrebasse sont magnifiques. Le single Crazy When I Hear That Beat sera un beau succès et ce Lp sortira chez New Rose. Accessoirement, le groupe sans Suzy servira de Backing Band pour Bill Hurley afin d’assurer de nombreux concerts au Gibus et ailleurs. On en redemande ! Attention, disque excessivement difficile à trouver ! ****


1985 - The Inmates : Five

Complément studio de Thrue Live Stories, Five reprend les mêmes recettes de composition, de chant et de production. Le groupe y démontre qu'il peut faire autre chose que du rythm and blues ou du rock and roll. Un disque bourré d'énergie. **** (Pour en savoir plus, voir la discographie Inmates sur le site)

 



1985 - The Sreaming Blue Messiahs : Good And Gone

Tantôt considéré comme un EP, tantôt comme un Lp, ce disque est en fait les deux à la fois. Onze titres furent enregistrés, mais seulement six sortiront dans un premier temps, sur un EP donc. Le tout produit par Vic. Il s’agit de la production la plus ‘Rock’ des Screaming, ici tout est brut, pas d’expérimentation, une guitare, une basse, une batterie et on joue du rock. Efficace et intéressant pour qui veut sortir des sentiers ‘balisés’ du rock and roll.****

 


1986 - Claw Boys Claw : With Love From The Boys

 

Du pur Vic Maile ! Batterie en avant, tempo appuyé et guitares bien aiguisées. Il est bien difficile de classer ce disque sous une rubrique précise, ce n'est pas du rock and roll, pas du punk, pas du rythm and blues, pas du pub-rock. Non, rien de tout cela, en fait un peu de tout cela, savamment bien mélangé. Une musique électrique, vivante et sautillante. Au rayon des regrets, je note des soli de guitare un petit peu naïfs et une voix pas forcément des plus harmonique. Reste qu'avant de me pencher sur le dossier Vic Maile, je ne connaissais pas les Claw Boys Claws et c'est pour moi une bien sympathique découverte. ***1/2



1986 - Girlschool : Nightmare At Maple Cross

Troisième et dernière production de Vic Maile pour les Girlschool. C’est à chaque fois un cran au-dessus. Celui là se démarque encore plus de l’univers Motorhead pour aller vers quelque chose de plus proche d’Ac/Dc. C’est une image évidemment, les chansons sont toujours agressives, inspirées et bien jouées, mais c’est un peu plus posé, un peu moins fou-fou. Rien que dans le jeu et le son de la batterie, nous commençons à obtenir un début d’explication. Evidemment c’est une question de goût et je note de plus, encore des progrès dans les parties vocales. Album également pas très facile à trouver de nos jours. **** ½

 



1986 - The Fatal Flowers : Younger Days

Voici un disque de pop bien viril que je découvre à l'occasion de ce dossier. Fatal Flowers est un groupe néerlandais et l'on retrouve sur ce disque le même défaut d'accent que chez les Dogs, en un peu moins gênant cependant. Bien qu'enregistré à Bruxelles et non pas au studio Jacksons, Vic y reproduit sans problème ce fameux son de batterie. Le disque cependant manque un peu de liant et on peine à rester captivé du début à la fin, probablement le fait d'un trop grand nombre de ballades, malgré une durée idéale de 35 minutes. On notera aussi une reprise intéressante, car pas très respectueuse, de Gimme Some Truth de John Lennon.. **1/2

 



1986 - The Godfathers : Hit By Hit

Cet album reprend une bonne vielle recette qui consiste à mélanger trois singles et de rentrer en studio pour enregistrer un album. Et nous n’y voyons que du feu, tant la production de Vic Maile est parfaite. Les singles ayant bien marchés, le titre de l’album viendra tout naturellement : Hit by Hit. Nous nous retrouvons embarqués à écouter le fougueux I Want Everything, I Want You et bien d’autres, notamment cette fabuleuse reprise de John Lennon : Cold Turley. Bref, sur le Lp d’origine il n’y a rien, absolument rien à jeter. Un des albums le plus rock des années 80 et bien plus encore. Ce n’est pas à proprement parler du Rock and Roll mais bien de la Rock Music. Quelle fougue, quelle conviction, quelle classe.****




1986 - The Sreaming Blue Messiahs : Gun-Shy

Vic ne produit que six titres sur ce disque et Pat Collier un, tiens donc. Encore un coup de WEA puisque Vic est écarté de la production au profit d’autres producteurs, au grand regret du groupe d’ailleurs qui ne jurait que par lui. Au final, nous avons un album de pop rock qui reste relativement intéressant, bien que desservi par des univers de production différents. Screaming Blue Messiahs est presque un groupe de Progressive Pub-rock pour donner une image avec un peu d’humour. Mais encore une fois, c’est assez intéressant. ***

 


1987 - The Inmates : Live In Paris, Meet The Beatles

Encore une merveille Live. Les Inmates partent à l'assaut du répertoire Beatles en choisissant des titres relativement peu connus. Réussite totale pour ce disque qui connaîtra des chiffres de ventes inespérés. Comment les Beatles pouvaient-ils se sortir de cette moulinette, le mystère est encore entier si ce n'est le talent des Inmates à magnifier les reprises et celui de Vic à magnifier la production. Il est d'autant plus facile de se rendre compte de la production de ce dernier en se procurant la version Riverside du disque où figurent des titres bonus enregistrés le même jour, mais n'ayant pas été retenus. L'énorme qualité de ce disque nous a longtemps fait rêver du même principe appliqué à la musique des Rolling Stones, en vain, hélas. ***** (Pour en savoir plus, voir la discographie Inmates sur le site)

 

 


1987 - The Sreaming Blue Messiahs : Bikini Red

Voilà un disque assez éloigné de notre univers rock and roll. Il est à ce titre bien difficile de le juger. Je pourrais dire qu'il s'agit d'un disque de pop-rock avec quelques inspirations psychédéliques et utilisation de divers bruitages. Nous pouvons penser parfois au Clash sur certaines chansons. Sa durée de 35 minutes est parfaite pour maintenir une attention soutenue et finalement, c'est assez agréable à écouter. On ne peut pas dire que la production de Vic soit immédiatement reconnaissable et c'est un peu dommage. On y retrouve cependant un son de batterie bien familier. Un disque qui pourra donc dérouter l'amateur de rock and roll, mais en y apportant une oreille attentive, nous y trouverons de quoi réjouir nos jolies petites oreilles. ***

 



1988 - The Birdhouse : Meglamania

 

Un des disques qui fût le plus difficile à trouver ! Après la découverte d’une des pochettes les plus laides de l’histoire du rock, j’apprends que Mark Duncan tient la basse. Il aura donc cumulé Birdhouse, Vibrators et Inmates, pas mal….La musique est fortement énervée passant du rock au punk avec de la pop et du rap. Sacré mélange que tout ça, même si un léger sentiment de « fait à la va vite » empêche d’accrocher à cent pour cent. A l’arrivée, nous avons donc un disque qui penche plutôt coté Vibrators, mais où la production de Vic Maile se fait discrète, excepté ce fameux son de batterie. Agréable, mais pas indispensable. Pour l’énergie, je lui donne ***




1988 - The Godfathers : Birth, School, Work, Death

Attention chef d’œuvre ! La quintessence des Godfathers portée par la puissance du titre phare Birth, School, Work, Death ! Un disque racé, bourré d’énergie et d’électricité. Un disque de Rock, proche du rock and roll mais très éclectique. Les Godfathers sont ouverts à tout du moment que ça déménage. Inutile de faire long, c’est du cinq étoiles ! *****

 



1989 - The Inmates : Fast Forward

Dernière production de Vic pour les Inmates puisqu'il décédera quelques temps plus tard. A l'arrivée nos avons un disque qui est probablement le moins bon (si nous ne tenons pas compte des problèmes de production de Heatwave In Alaska) disque du groupe. Moins bon ne voulant pas dire mauvais d'ailleurs, mais nous ne sentons pas la même cohésion et la même conviction que d'habitude. Les chansons sont pourtant très agréables et percutantes, peut être ne sommes nous pas encore habitués à ce qui deviendra le nouveau son Inmates et qui sera par la suite produit par Pat Collier. ***1/2 (Pour en savoir plus, voir la discographie Inmates sur le site)

 



1989 - The Godfathers : More Songs About Love & Hate

Voilà un disque où la production de Vic Maile se fait discrète. Il faut par exemple attendre le troisième titre pour reconnaître ce son de batterie si souvent évoqué. Nous ne sommes pas dans la catégorie pub-rock, mais plutôt rock puissant, mais tout enrobé de douceurs. Nous naviguons un petit peu dans la période Revolver des Beatles, avec des moyens en plus et une ligne directrice un peu plus hargneuse. Osons une image, ce disque pourrait être l'enfant des Beatles et d'Ac/Dc. Intéressant, non ? ****

 

 

Interview de Peter Staines (Aka Peter Gunn) : Vic Maile et Les Inmates.

Peter Gunn et Vic Maile

Francis : Bonjour Pete, j’espère que tu vas bien ! Le site français est un succès. Nous avons une fréquentation bien plus importante que nous l’imaginions au départ. Avant de parler directement de Vic Maile, je reçois toujours les mêmes questions de la part du public français comme par exemple : Quand pourrons nous écouter un nouvel album des Inmates ? Est-ce que Bill Hurley va mieux ?

Pete : C’est une bonne nouvelle de savoir que nos fans français ne nous ont pas oubliés. Bill est toujours dans une passe difficile, il n’y a guère de progrès. Nous avons travaillé sur des nouvelles chansons pour un prochain disque, alors je dirais dès que nous pourrons le faire, nous le ferons.

Francis : Pete, j’ai énormément de mal pour trouver des photos de Vic Maile. En as-tu ?

Pete : Non, je n'en ai pas. La seule que j’ai en fait c’est la pochette de son single : Not Fade Away/It’s the Same Old Thing paru sur Bronze Records BRO 129 en 1981. Peut être, peux-tu te la procurer ?

Francis : J’aimerais avoir ton avis et quelques détails sur les productions de Vic Maile, à l’occasion du dossier commémorant le vingtième anniversaire de sa disparition en 2009. En 1974, Vic produit Down by the Jetty de Dr Feelgood. Que penses-tu de cette première réalisation ?

Pete : De plusieurs manières ce fut un disque révolutionnaire pour son temps. Il a été enregistré en mono, sans re/recordings. Vic réussit à capturer ainsi l’excitation de cette musique. De plus c’est le meilleur Line-Up de Dr Feelgood. Ce disque fut alors joué dans pas mal de fêtes organisées par des groupes punk de New-York. C’est vraiment un disque qui a eu une énorme influence sur beaucoup de groupe de cette époque.

Francis : Qui a eu l’idée de contacter Vic pour produire First Offence, votre premier disque ?

Pete : C’est Andrew Lauder, notre manager chez Radar Records.

Pete, tony et Jim

Francis : Peux-tu nous dire qu’elles étaient les habitudes de travail de Vic ?

Pete : Nous adorions enregistrer avec Vic car nous savions que cela sonnerait forcement bien et de plus nous rigolions bien ensemble. Il avait toujours une bonne histoire à nous raconter au sujet de ses sessions passées avec des groupes 60’s comme les Kinks et les Small Faces.

Francis : Ensuite vous enregistrez Shot In The Dark. Existe t’il des titres jamais sortis de ces sessions ?

Pete : Oui en effet, il y a quelques titres inédits qui j’espère seront commercialisés rapidement.

Francis : Vic était-il propriétaire des Jacksons studio ?

Pete : Non, les propriétaires étaient les frères Jackson, les fils de Jack Jackson, un célèbre présentateur de radio en Grande Bretagne dans les années 50. Mais Vic les utilisait pour la plupart de ses enregistrements. Il y avait à l’intérieur des montagnes d’équipements ‘Vintage’. Nick Lowe lui a dit un jour : Tu n’es pas un producteur de disques, tu es le conservateur d’un musée de l’enregistrement !

Francis : Connais-tu la ou les raisons de leurs destructions ?

Pete : Je crois qu’ils furent détruits pour laisser place à un ensemble immobilier de bureaux.

Francis : Pour moi, Thrue Live stories est la plus belle production de Vic pour les Inmates ; le son est incroyable, je n’ai jamais entendu une pureté pareille sur un live. Incontestablement un des meilleurs live jamais enregistré. Es-tu d’accord ? Quelles sont les raisons de cela ?

Pete : Vic était un des rares producteurs britanniques à posséder une telle expérience dans l’enregistrement live. (Who : Live At Leeds, Festival de L’ Ile De Wight, Hendrix, les Doors etc…) Je suis d’accord avec toi, son travail sur Thrue Live Stories est énorme, il l’est également sur Meet The Beatles.

Francis : Vic et Les Inmates utilisèrent-ils des séances de Re/Recording pour Thrue Live Stories ?

Pete : Non, d’après mes souvenirs, ce fut enregistré en une seule fois puis mixé plus tard.


Francis : J'ai écouté tous les disques produits par Vic Maile, particulièrement ceux de cette période et je pense pouvoir résumer que le son est le résultat du mélange des voix traitées du disque des Vibrators V2 (1979) et du son de guitare de Legendary Lovers des Dogs (1983).
Qu'en penses-tu ?

Pete : Je crois qu cela vient simplement du son du studio, des équipements "Vintage" et de la technique de Vic.

Francis : J'ai relevé un autre point qui me semble particulier : le son des batteries. Il me semble entendre parfois Eddie sur des enregistrements produits par Vic alors que bien entendu ce n'est pas lui. Pour Vic était-ce une partie sur laquelle il s'attardait volontiers ?

Pete : Vic était très fort pour sonoriser et enregistrer une batterie. Effectivement, il se donnait beaucoup de peine pour y arriver. A cela, il ajoutait bien évidemment la basse pour créer une base rythmique très solide.


Francis : Après le décès de Vic, le son des Inmates a évolué vers un son plus dur et Pat Collier est devenu votre nouveau producteur. Il y a t'il des points communs entre eux ?

Pete : Pat est le bassiste de la formation originale des Vibrators et il utilise des méthodes similaires à Vic. En fait, c'est Vic lui-même qui nous a suggéré Pat pour devenir notre producteur sur disque.

Francis : Si l'on excepte les disques des Inmates, quelles sont les productions de Vic que tu préfères ?

Pete : Back In The Night de Dr Feelgood, 2468 Motorway de Tom Robinson, 999, Teenage Depression d'Eddie And The Hot Rods, Brinsley Shwartz et Nightmare At Mapple Cross des Girlschool et bien d'autres…


Francis : Et si l'on parle des productions pour les Inmates ?

Pete : Je les aime toutes, mais j'ai un faible pour Shot In The Dark et Fast Forward.

Francis : Il y a quelques mois, nous avons pu trouver sur le marché un DVD des Inmates : Back In History comportant des chansons de cette période (1980). Constatant la faible qualité des images, je suppose que ce n'est pas un produit officiel ?

Pete : Je pense qu'il est fait avec de très vieux films ou vidéos de nos concerts provenant de cette période. (Curieusement Pete ne répond pas à la question relative à la légalité de ce produit, NDLR)

Francis : Sur ce DVD, il y a une chanson que je n'avais jamais entendue lors d'un concert des Inmates : You Don't Miss You Water. Quelle est l'histoire de cette reprise ?

Pete : C'est l'une des toutes premières chansons que nous jouions. La version originale est de William Bell, je crois, mais nous ne l'avons jamais enregistrée.

Francis : Penses-tu que nous aurons un jour la chance d'avoir un DVD officiel ?

Pete : Ce serait bien ! (Pete répond indirectement à la question relative à Back In History plus haut, NDLR)

Francis : Tous les fans attendent l'édition Cd des trois premiers albums, plus particulièrement de First Offence et Shot In The Dark produit par Vic Maile. As-tu des nouvelles de Warner à ce sujet ? Parallèlement, les éditions japonaises sont-elles officielles ?

Pete : Une grande sélection de ces titres est disponible sur "Dirty Water" –The Best Of The Inmates sorti par Warner il y a quelques années. Il y a eu des projets pour les sortir tous mais aucun ne s'est concrétisé à l'heure actuelle. Les Editions japonaises sont officielles et de bonne qualité.

Francis : Durant ta carrière, tu es devenu producteur à ton tour. Peux-tu faire une liste des disques produit par Peter Staines ?

Pete : Chesterbox (jamais sorti) , Les Saigneurs (groupe français) , Us Marshall, The Amazonas, Eager Beaver, Desoto, The Pirates, Electrocuting Elvis, The Jim Jones Revue.

Francis : Tes productions sont-elles influencées par le travail de Vic Maile ?

Pete : J'essaye d'avoir le même niveau que lui et d'avoir toujours une bonne histoire à raconter.

Francis : Je suppose que durant toutes ces années de collaboration avec Vic Maile, tu as eu de plus en plus d'implications dans sa production. Si cela est exact, peux-tu nous expliquer cela LP par LP ?

Pete : Nous avons tous essayé de comprendre et de rejoindre ses idées, ses suggestions. Pour moi, ce fut vraiment intéressant de voir comment Vic travaillait et de le voir construire un son.


Francis : Au sujet de ce triste anniversaire (les 30 ans de sa mort), veux-tu dire quelques mots particulièrement ?

Pete : Vic a été un grand ami et il me manque beaucoup. J'aimerais tant qu'il soit encore là. Je sais que nous aurions fait de grandes choses !

Francis : Merci Pete.

Vic Maile par Jim Russel

Jim Russel

J'ai rencontré Vic Maile aux "Jacksons Studio", lors d'une séance d'enregistrement que je faisais avec Martin Rushent. Vic m'a alors donné rendez-vous pour une session avec lui. J'avais à l'époque une caisse claire qui avait un son extraordinaire. Vic était fasciné par celle-ci et voulait savoir comment l'on pouvait obtenir un son de ce type. Il me posait énormément de questions : Comment je la plaçais, comment je la tendais, comment je tapais dessus en studio, etc. Il me fit faire des essais et lorsqu'il entendit ce fameux son, il insista pour que je ne change plus rien dans ma façon de frapper. Je pensais qu'il était un peu fou mais j'adore le résultat et j'ai appris énormément de lui.
Nous nous sommes bien entendus et il m'intégra dans de nombreuses sessions d'enregistrement puis, suggéra que je rencontre les Inmates qui cherchait un batteur. Merci à lui, j'ai eu le job et tu connais la suite……

Mes souvenirs de Vic sont ceux d'un homme strict et adorable. Il était parfois très secret au sujet des effets qu'il utilisait après la prise de son initiale.

Il avait un système d'enregistrement très strict, aussi tu ne pouvais pas enregistrer autre chose qu'une "Production Vic Maile". Il te laissait essayer tes arrangements de chansons dans toutes les voies possibles, probablement de manière délibérée, mais il n'y était pas toujours très attentif. Tu pouvais le voir, derrière la vitre de la console, assis, les pieds en l'air et lire le journal.

Vic et son journal

Quand tu lui demandais comment cela avait sonné, il haussait les épaules et murmurait d'une voix haute perchée et désintéressée (Que Pete imitait très bien et très souvent) : Raisonnable ! Alors, inévitablement, le groupe surpris par son manque d'enthousiasme cherchait à se rapprocher de sa façon de faire et là, il commençait à s'intéresser au son et le groupe se sentait mieux ! Il est très probable que tout cela était planifié, un peu comme si tu laissais tes enfants se fatiguer pour qu'ils dorment mieux ! La principale chose créative qu'il faisait était de ne pas hésiter à couper ce qu'il ne lui semblait pas en place, un coup de batterie par exemple. Il était très strict sur le groove, le résultat est là d'ailleurs; Ce résultat, tu peux le reconnaître à l'oreille entre mille. Je ne pourrais pas dire avec précisions quels bénéfices ont tiré les groupe de tout cela, mais pour les Inmates, c'était exactement ce qu'il fallait au bon moment !

Il ne faisait jamais durer les sessions trop longtemps. Il adorait lire les journaux de musique et rigolait et se moquait facilement du contenu. Il avait également un Timer Casio qui émettait un bip-bip lorsqu'il était temps de manger sa banane car il venait d'être diagnostiqué diabétique entre le premier et le deuxième album des Inmates et se devait d'observer un régime très sévère. C'était un gars assez inhabituel, comme venu des temps anciens, un peu comme un personnage d'une nouvelle de Dickens : Victor Knob Twiddler ou Jeremiah Slidefacer, quelque chose comme ça. Je ne l'ai jamais vu anxieux ou fâché par exemple.

Tony, Jim, Pete et Bill

Vic faisait en sorte de suivre sa route sans embêter le monde. Il savait exactement ce qu'il voulait mais restait malgré tout attentif aux idées que le groupe pouvait avoir. On peut mieux le décrire comme un producteur "Old School" dans la tradition de Joe Meek par exemple. Tu avais son "son" et lu par magie faisait en soret que cela devienne le tien. Plus tard, un gars comme Liam Watson , qui fit démarrer les studios Toerag, à eu une approche similaire avec des gens comme les White Stripes ou Jeff Beck.

Console du Jacksons studio

Un jour, je lui ai demandé qui étaient ces héros, il me répondit à ma grande surprise : Franckie Laine. Quand j'entends aujourd'hui des choses comme "Rawhide", je peux entendre le son de Vic dedans. A son grand crédit, Vic réussissait à injecter quelque chose de plus (la grande majorité des producteurs ne le font pas) et devint à se titre un membre a part entière du son Inmates. Pour cela, je suis certain que nous le remercions tous. Je me souviens que lors d'une tournée aux États-Unis avec les Inmates pas mal de groupe de là bas nous posèrent pas mal de questions au sujet de la qualité du son de la production et de Vic en conséquence. Ils étaient très surpris d'apprendre que Vic avait une stature physique assez petite. Ils s'imaginaient tous que pour avoir un tel son il fallait être une armoire à glace. Comme Phil Spector, c'était un homme petit qui créa un grand son. C'était un de ses principes de vies, il ne voulait aller que vers de grande chose. Nous avons tous étés choqués et tristes d'apprendre son d



Sources : Pour Le Biographie : Juke Boxe Magazine numéro 31 de septembre 1989, encore disponible sur le site de journal, documentation personnelle. Pour la discographie : Dicographie et recherches personnelles, pour l'interview de Peter Gunn : Copyright Peter Staines/Francis Lachet : Septembre 2008
Traduction et adaptation : Francis Lachet pour publication septembre 2009

Texte de Jim Russel : Copyright 2010. Traduction et adaptation Francis Lachet

Copyright Francis Lachet 2008/2009/2010 avec l'aide de Peter Gunn, Jim Russel et Jodie Maile.

 

 

 

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